Présidentielle de 2020 : naïveté et compromission ?

Bien malin qui saura la date de la tenue de la présidentielle, alors que, constitutionnellement, 2020 reste la seule année électorale qui vaille, pour mettre fin à 10 ans de gestion chaotique d’Alpha Condé ou à rempiler avec la modification possible de la Constitution. Trop d’inconnues. D’inquiétudes et d’impasses. D’un côté, on vit au rythme de la naïveté, de l’autre, la compromission reste la chose la mieux partagée.

Tout porte à croire qu’il risque d’y avoir beaucoup de surprises et de désillusions avec les joutes de 2020 ou les années d’après. De quoi fulminer : « D’après les accords de 2014/2015, le fichier électoral devrait être corrigé après la Présidentielle de 2015 et avant les communales qui suivront. Cellou acceptera de nouveaux accords permettant au pouvoir d’aller aux communales sans correction du fichier. C’est alors que Cellou Dalein obtiendra d’Alpha Condé un fonds de 5 milliards de francs guinéens par an, en tant que chef de file de l’opposition que le président de l’UFDG confondra à sa personne privée, provoquant la déception et la colère de ses collaborateurs des autres partis qui ne tarderont pas d’aller à leur tour vers le généreux et corrupteur Président de la République, Alpha Condé. »

Selon un analyste, « Pour 2020, CellouDalein a fondé sa stratégie sur une victoire à défaut, grâce à l’éventuelle absence d’Alpha Condé dans la course. Rassuré en cela par le fait que la classe politique dans son ensemble et la majorité de la population guinéenne, y compris en Haute Guinée, est opposée à l’idée d’un troisième mandat. Ainsi, il a fait preuve d’une grave naïveté et a failli dans l’essentiel de sa mission d’opposant et concurrent pour la future présidentielle en acceptant le maintien du fichier électoral frauduleux aux communales, en laissant Alpha Condé nommer illégalement sa propre et convenable Cour Constitutionnelle et avoir le contrôle de la CENI. »

Ainsi, en plus de ces acquis pour le parti au pouvoir, il s’est mis à dos tous les autres leaders politiques du pays qui ne vont pas le soutenir en cas de second tour face à n’importe quel candidat du RPG. Aujourd’hui, nul ne sait comment sera fait demain. De quoi penser déjà à l’émergence d’une nouvelle classe politique, plus jeune, plus dynamique et plus portée sur le respect de la démocratie. Les compromissions, calculs politiciens, coups bas et autres forcings doivent être bannis pour enfin permettre aux Guinéens de jouir pleinement de leurs droits constitutionnels.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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