Crise avec Kélèfa Sall : Condé dévoile (encore) une de ses carences

A chaque fois qu’il sort dans les médias, au niveau local et/ou international, Alpha Condé (re)met à la place publique ses tares, ses carences, ses insuffisances et son incapacité à mener à bien une République, pas celle de Ratoma, mais de Guinée. Il dénonce comme s’il est toujours opposant. Il se dévoile et divulgue tout. Comme s’il n’est pas là près de dix ans après, pour exécuter des promesses électorales, surtout que Guineais back.

C’est ainsi que la même inclination s’est emparée de lui récemment pour non seulement tancer le CNT, conseil national de transition, mais aussi critiqué des lois que celui-ci avait fait valider. «C’est le CNT qui a fait la loi et la Constitution et certains ont fabriqué une Cour constitutionnelle à leur mesure. Certains pensant que ce sont eux qui seront élus par les magistrats, d’autres par les enseignants, et d’autres par les avocats. Dans tout le système français, le président de la Cour constitutionnelle est nommé par le président de la République. Qu’est-ce qu’on a dans la Constitution, le président nomme une personne, le président de l’assemblée nomme une personne les avocats désignent un, les magistrats désignent un et les enseignants un, ensuite l’organisation des droits de l’homme désignent deux. A la Cour suprême, le président ne nomme aucune personne, ensuite les gens sont désignés par vote, donc le président de la Cour constitutionnelle n’est pas nommé par le président ni désigné par le président, c’est en leur sein que le président est désigné.  Donc c’est de la folie de dire que le président veut l’enlever.»

Le président guinéen doit savoir que s’il constate des insuffisances dans une loi, il peut revenir là-dessus, tout en respectant l’ordre établi et les lois en la matière. Mais, il préfère critiquer, snober, mépriser et rabouiller. Parfois, presque en transe. L’autre carence exposée, c’est le lien entre Cour constitutionnelle et Cour suprême. Pour Alpha Condé,  «Il y a la séparation des pouvoirs en Guinée, il y a le pouvoir législatif, le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire, (…) dans tous les pays francophones, le président de la Cour constitutionnelle est nommé par le président de la République, la Guinée est le seul pays où il est élu par ses pairs, si ses pairs veulent le changer, qu’est-ce que le gouvernement peut? Lisez la constitution, la Cour suprême n’a rien à avoir dedans. »

On ne sait pas où est donc passé l’article 102 de la Constitution guinéenne. Celui-ci stipule en effet : «Les membres de la Cour constitutionnelle sont inamovibles pendant la durée de leur mandat. Ils ne peuvent être poursuivis ou arrêtés sans l’autorisation de la Cour constitutionnelle, sauf cas de flagrant délit. Dans ce cas, le président de la Cour constitutionnelle est informé, au plus tard dans les 48 heures. En cas de crimes ou délits, les membres de la Cour constitutionnelle sont justiciables de la Cour suprême. » Pour étayer cette thèse, l’article 11 de la loi organique régissant la Cour Constitutionnelle stipule aussi : «Les membres de la Cour Constitutionnelle, sous réserve de l’alinéa 2 de l’article 12 ci-dessous, ne peuvent être révoqués ou destitués que pour les seuls motifs de parjure ou de condamnation pour crimes ou délits».

En désespoir de cause et pris dans la dénégation Alpha Condé s’avoue vaincu et invite maladroitement chacun à aller chercher la Constitution guinéenne avant de s’attaquer : « Allez-y regarder la Constitution et la loi organique, vous saurez si j’ai un rôle à jouer. J’ai entendu ces juristes farfelus raconter du n’importe quoi. »

Parjure ou mensonge d’Etat ? Une action devrait être enclenchée à son encontre afin de le rappeler à l’ordre. La Constitution n’est pas à piétiner, encore plus quand on se dit prof de Droit.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.