Crise au projet coton de Kankan : Les pertes sont estimées à plus de 12 milliards de FG!

On vous le disait dans notre précédent article, rien ne vas plus pour la filière cotonnière de Kankan. Elle est confrontée à une crise qui dure plusieurs mois, qui a abouti au départ des deux premiers responsables de la firme cotonnière situé au quartier-Kankankoura dans la commune urbaine de Kankan. Comme si tout cela ne suffisait pas, faute de moyen d’acheminement, un important stock de coton estimé à des milliards de FG, exposé aux aléas climatiques, est entrain de se détériorer dans la cour de l’usine.

Très remonté contre la mauvaise gestion qui mine depuis des années, leur usine, les employés du projet coton de Kankan n’ont pas caché leur déception. Une déception qui s’explique particulièrement par la perte de plus de 4000 balles de coton, faisant 868 tonnes pour une valeur de plus de 12 milliards de nos francs.

Ces stocks de coton laissé à la merci des intempéries, toujours visible en plein air, dans la cour de l’usine, attendent depuis plusieurs mois, faute de moyen financier d’être acheminer   vers le port de Conakry.

Selon, Daouda Diallo, responsable de la production agricole de l’usine cotonnière de Kankan, ce n’est pas la première fois que cette firme est confrontée à une telle situation.

« En 2013, on perdu des milliards aussi. On a voulu dénoncer aux médias mais, ils nous en ont empêchés. Mais cette fois-ci, on s’est pas du tout laissé intimider ». A-t-il réagi.

Toujours selon lui, les pertes ne se limitent pas entre les quatre murs de l’usine. Les paysans des préfectures de Koundara, Gaoual et Mali, toutes ancrées dans la production de la fibre blanche, au compte de la campagne 2017-2018, ont été privé du fruit de leur labeur.

« Le coton graine de Gaoual, Koundara, et Mali sont actuellement au bloqué au Sénégal. Là-bas aussi, le stock est évalué à 826 balles. Ce stock, par faute de financement au niveau des taxes de prélèvement douanières, est bloqué ». A-t-il ajouté.

Pour Kaba Camara, secrétaire général des syndicalistes et technicien à l’usine, ces 4000 balles soit 868 tonnes de coton, ne sont plus récupérables.

« Pratiquement il faut déballer ces 4000 balles, les triller, et pour le reconditionnement, il va falloir chercher de la main d’œuvre, il faut consommer beaucoup de gasoil. En tout cas, nous n’accepterons pas de faire passer ces balles à la machine pour les détruire ». A-t-il prévenu.    

Enfin, au cœur de ce fiasco au projet coton, Adama Faro, chargé de la formation à la direction de la production agricole, tient  pour seuls et uniques responsables, les deux ex-dirigeants de l’usine.

« Tout est arrivé par l’avènement de la nouvelle direction. Le français Patrick Diraer et Bakary Kaba, n’ont pas pu mener la barque du projet coton depuis 2011. Au finish, les audits demandé par le président de la république, ont démontré des milliards de détournés par cette direction ».

Même s’il a publiquement démissionné Bakary Kaba, ex-directeur adjoint de l’usine continuerait à gérer  dans l’ombre l’usine. 

A retenir que si cette usine tombe en faillite, 203 travailleurs permanents, 150 saisonniers et plus de 10.000 paysans repartis dans 700 villages de la Haute et de la moyenne Guinée risquent de se retrouver permanent sans emploi.

CHEICK-SEKOU BERTHE, CORRESPONDANT www.kababachir.com à Kankan. 

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