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En visite à Paris, Alpha Condé plaide pour la libération de l’ivoirien Laurent Gbagbo

En visite à Paris, Alpha Condé plaide pour la libération de l’ivoirien Laurent Gbagbo

Au cours de sa récente visite d’Etat à Paris, où il a été reçu avec tous les honneurs à l’Elysée, Alpha Condé a voulu évoquer avec son homologue français, François Hollande, au nom des certains Chefs d’Etat Africains,  le sort de l’ancien président l’ivoirien, Laurent Gbagbo, détenu à la Haye.

Le Guinéen Alpha Condé, le Nigérien Mahamadou Issoufou, le Malien Ibrahim Boubacar Keïta et le Burkinabé Roch Marc Christian Kaboré ont en commun d’avoir lutté contre des pouvoirs autoritaires, d’avoir étudié en France et d’appartenir à l’Internationale socialiste. Déjà, en marge du sommet Afrique-France qui s’est tenu en Janvier à Bamako, puis lors de récents passages à Paris, ces 4 chefs d’État africains avaient parlé du cas Gbagbo au président français. « Alpha Condé a évoqué cette situation avec moi. Rien de plus. » Dans sa réponse au Monde, M. Hollande se montre concis. « La CPI travaille en toute indépendance », ajoute-t-il.

Contacté par des confrères français, le président guinéen se veut prudent. « On ne peut pas changer la CPI et ma position m’interdit toute ingérence dans des affaires nationales ivoiriennes et dans une procédure en cours devant une juridiction internationale », dit le chef de l’État guinéen, qui a été désigné en Janvier à la tête de la présidence tournante de l’Union africaine (UA), au sein de laquelle plusieurs États militent en faveur d’un retrait de la CPI, à laquelle ils reprochent de ne s’attaquer qu’à des personnalités africaines.

Mais selon Albert Bourgi, ami du président guinéen et professeur de droit franco-sénégalais, interrogé par des confrères français, « Alpha Condé n’a jamais oublié que Laurent Gbagbo s’était mobilisé pour lui lorsque le régime de Lansana Conté l’avait jeté en prison [il avait été arrêté en 1998, jugé en 2000 puis libéré en 2001] », rappelle-t-il.

Du côté, d’Abidjan, rapporte Le Monde, la position de la présidence de la République reste inchangée : « Nous ne voyons pas, à ce stade, de raisons qui pourraient justifier une liberté conditionnelle. Nous nous y opposerons », prévient un conseiller du président Alassane Ouattara.

Pour de nombreux observateurs de la scène politique guinéenne, Alpha Condé aurait dû se préoccuper plutôt du sort des présumés auteurs du massacre du 28 septembre, où le transfert du dossier à la CPI n’est pas à exclure, que de plaider en faveur de l’ex-président ivoirien, qui a été reconnu coupable des crimes contre l’humanité.

Avec Le Monde

 

 

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