Violences politiques: Les défenseurs des droits de l’homme brisent le silence

Face l’ampleur des tueries perpétrées par les forces de l’ordre lors des manifestations politiques en Guinée, en particulier sur l’axe Hamdallaye-Bambéto-Cosa, les défenseurs des droits de l’homme haussent le ton et condamnent avec la dernière énergie la répression meurtrière des manifestants.

Invité dans l’émission les Grandes Gueules de la radio Epace Fm, Pour Kaly Diallo, activiste des droits de l’homme à travers l’ONG, ‘’Baillonette intelligente’’, s’insurge contre l’usage des armes non conventionnelles lors des manifestations politiques, qui constitue une violation flagrante de notre Constitution.

Devant la mission à laquelle son ONG s’est fixée, Kaly Diallo se dit indigné face aux tueries répétitives contre des manifestants.

« Nous n’avons pas l’impression de pêcher dans le désert, je m’incline pieusement devant la mémoire de toutes les personnes qui ont perdu leurs vies que ça soit au niveau de l’axe à Mandiana et d’autres. Je condamne avec la plus grande fermeté  parce que c’est en violation de notre Constitution.

Quand on regarde au niveau de notre Constitution, au niveau de l’article 5, on va jusqu’à sacraliser la vie humaine. La personne humaine et sa dignité, l’Etat le devoir de les respecter et les protéger. », a-t-il insisté. Avant de dénoncer un manque de volonté politique pour faire toute la lumière sur ces tueries :

« Il faut se dire, il y a un manque de volonté politique réelle, voilà ce qui se répercute sur le terrain et c’est dommage pour la nation guinéenne», fait remarquer Kaly Diallo de la Bâillonnette intelligente

Quand au respect des droits de l’homme lors des manifestations politiques, Kaly Diallo dénonce l’usage disproportionné des forces qui tuent à bout portant :

 « Ce que nous voyons aujourd’hui au niveau des forces de l’ordre, ceux qui sont républicains, qui éprouvent des principes républicains, mais ce qui se passe sur le terrain, c’est le contraire, parce que il y a l’usage disproportionné de la force est une violation flagrante du principe de maintien d’ordre et des règles standards et du droit international humanitaire, parce que beaucoup des rapports médicaux que nous avons reçus relèvent que ceux qui sont morts, ont été tués par balle . Vous avez rappelé l’article 150 de notre Constitution est très clair, les forces de défense et de sécurité d’abords sont apolitique. Elles sont soumises à l’autorité civile et elles doivent assurer la sécurité des personnes et de leurs biens, mais ce n’est pas ce qui se passe sur le terrain.», déplore cet activiste des droits de l’homme.

A ce jour, on compte 100 personnes tuées par balle lors des manifestations politiques sur l’axe Hamdallaye-Bambéto-Cosa, depuis l’accession du président Alpha Condé au pouvoir en 2010.

 Abdoul Wahab Barry, www.kababachir.com

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