Trump poursuivi pour traitement “inhumain” des migrants détenus

Des organisations de la société civile américaine ont lancé des poursuites contre le président Donald Trump et des responsables de son administration, les accusant d’avoir soumis plus d’un millier d’immigrés clandestins à des conditions de détention “inhumaines” en Californie.

Depuis le 8 juin, des personnes ont été emprisonnées dans des centres fédéraux de détention “en violation de leurs droits constitutionnels”, estime la plainte déposée par plusieurs entités pour le compte des détenus, dont la puissante organisation de défense des droits civiques ACLU et Prison Law Office, qui fournit une assistance gratuite aux prisonniers en Californie.

Aucune assistance médicale ou alimentaire
“Ils sont enfermés dans des cellules pour la majeure partie de la journée et toute la nuit. Aucun membre des services de santé ne les a examinés”, ajoute le document, affirmant qu'”on ne leur offre que de la nourriture inadéquate et, parfois, immangeable comme du lait périmé ou des sandwiches constitués seulement de deux tranches de pain”.

Mardi, plusieurs responsables de l’administration américaine – notamment l’un des chefs de la police des frontières ICE – ont été interrogés lors d’une audition au Congrès à la suite de l’application au printemps d’une politique de “tolérance zéro” sur l’immigration clandestine.

Un tollé suite à la séparation des familles
Face au tollé provoqué par cette séparation systématique des familles franchissant illégalement la frontière, qui a entraîné le retrait de plus de 2.500 enfants de leurs parents ou tuteurs, le président Trump avait dû revenir sur cette mesure.

La plainte affirme que les immigrés clandestins en Californie ont été sujets à “des conditions d’emprisonnement rigoureuses ne pouvant qu’être raisonnablement décrites comme punitives et inhumaines”.

Plusieurs personnes visées
Outre le milliardaire républicain, la ministre de la Sécurité intérieure Kirstjen Nielsen, le ministre de la Justice Jeff Sessions, ainsi que des responsables de l’ICE et d’autres entités sont également ciblés par ces poursuites.

L’ICE s’est refusée à tout commentaire après le dépôt de cette plainte.

La séparation de familles de migrants est “l’un des pires moments” pour Ivanka Trump

La fille du président américain, Ivanka Trump, s’est nettement démarquée jeudi de son père en qualifiant les séparations de familles de migrants entrées clandestinement aux Etats-Unis comme “l’un des pires moments” qu’elle ait vécus depuis le début de la présidence de Donald Trump.

“J’ai une opinion très forte là-dessus et je suis très, farouchement, contre la séparation des familles et la séparation des parents et enfants”, a déclaré la conseillère de la Maison Blanche, âgée de 36 ans, lors d’une conférence à Washington.

“Ça a été l’un des pires moments pour moi aussi” depuis le début de la présidence Trump en janvier 2017, a-t-elle ajouté en réponse au rédacteur en chef du site politique Axios, Mike Allen, qui avançait que plusieurs de ses collègues à la Maison Blanche citaient cette mesure comme l’un de leurs moments les plus difficiles.

“L’immigration est un sujet extraordinairement complexe, l’immigration illégale est extraordinairement compliquée”, a ajouté Ivanka Trump.

“Je suis la fille d’une immigrée”, a-t-elle poursuivi en référence à sa mère Ivana, qui a grandi dans ce qui était à l’époque la Tchécoslovaquie.

“Mais nous vivons dans un Etat de droit (…) et nous devons donc faire très attention à ne pas encourager des comportements qui mettent les enfants en danger d’être victimes de trafic ou d’entrer dans le pays avec des passeurs, ou de faire un voyage extraordinairement difficile seuls”.

Entre début mai et fin juin, plus de 2.500 enfants ont été séparés de leurs familles après avoir franchi illégalement la frontière. Face au scandale, Donald Trump a fait marche arrière fin juin.

Mais les autorités ont depuis beaucoup de difficultés à réunir les familles.

Ivanka Trump s’était attiré un déluge de critiques fin mai en postant une photo d’elle enlaçant son fils, alors même que la controverse sur les séparations montait.

La conseillère et femme d’affaires s’est également distancée jeudi de son père dans ses attaques continues contre les médias, affirmant, entre deux éclats de rire, ne pas considérer les journalistes comme “l’ennemi du peuple”, une expression employée par le président américain.

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