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Suspension des manifs politiques : ce que Dalein n’a pas dit

Suspension des manifs politiques : ce que Dalein n’a pas dit

« Ne provoquez personne, n’insultez personne, ne fatiguez personne. (…), respectez ceux qui ne viennent pas. S’ils veulent passer, libérez la route pour eux. Ils nous aiment et eux-mêmes savent que le pouvoir là est une tortue, tant qu’on ne la chauffe pas, il n’y aura rien.»

Cet appel est celui de Dalein Diallo, au cours de la veillée d’armes qui a précédé à la marche du 2 août. Ce fut justement une réussite inespérée et inattendue par certains. Au même moment, Dalein demandait aux autres militants des préfectures périphériques de Conakry : « Il faut qu’on se mobilise pour marcher et exiger la transparence dans la gestion de notre économie, le respect de l’accord, pour dénoncer l’insécurité galopante, pour dénoncer la cherté de la vie parce que celle-ci est la conséquence de la corruption. »

Mais ce que Dalein n’a pas reste ce qui a réellement prévalu à la suspension des manifs, bien qu’il ait évoqué les préparatifs des pèlerins pour la Mecque : « J’ai eu beaucoup d’appels des associations religieuses, des pèlerins qui ont introduit une doléance auprès de l’opposition pour qu’on suspende nos manifestations afin de permettre aux candidats au pèlerinage d’accomplir tranquillement les diligences nécessaires à leur départ.  Donc, comprenez que c’est pour marquer notre soutien à ces pèlerins qui sont des compatriotes que nous avons décidé de suspendre jusqu’à la fin des opérations de départ des pèlerins guinéens».

Etait-ce vraiment le seul mobile ? Certains estiment que non. En effet, selon des sources, une pression diplomatique qui aurait des ramifications jusqu’à Berlin et Paris aurait atténué l’ardeur de Dalein Diallo pompé a bloc après la réussite de la première marche. Faux, a vite répliqué le leader de l’UFDG, faisant d’ailleurs savoir que si d’ici-là le gouvernement ne fait aucune avancée, « on reprendra tranquillement nos manifestations sur l’autoroute et sur la voie expresse. Donc, je voulais que vous compreniez que la décision n’est pas liée à aucune pression, à aucune négociation».

De toute évidence, la visite d’un diplomate allemand au QG de l’UFDG au moment même où celle-ci tirait les leçons de la manif de la veille semble avoir été pour beaucoup. Ce, même si Dalein menace : « Nous ne fléchirons pas ».

 

Ça va se savoir.

 

Jeanne Fofana, Kababachir.com

 

 

 

 

 

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