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SIGUIRI : ces vérités qui risquent d’offenser

SIGUIRI : ces vérités qui risquent d’offenser

Le commun des Guinéens a toujours clamé que la Haute Guinée en général et la ville de Siguiri en particulier font l’objet d’une clémence notoire de la part des autorités guinéennes. Bastion électoral du régime en place, la région est souvent le théâtre de violations récurrentes des droits de l’homme. Mais les sanctions sont très rarement mises en œuvre. Il en découle que les excès, la vindicte populaire et les violences s’y commettent, les unes après les autres. Au point que les autorités sont les premières à le reconnaître désormais. Comme c’est le cas actuellement au sujet de la grève à la SAG de Siguiri. Mais les propos que le gouverneur, Mohamed Gharé y a tenus pourraient faire jaser.

Alpha Condé avait dit des cadres malinkés qu’ils sont les plus malhonnêtes du pays. A sa suite, Mohamed Gharé, tout nouvellement promu gouverneur de la région administrative de Kankan s’autorise un courage sans précédent. Venu arbitrer la crise entre les sages de Siguiri qui exigent le départ du Directeur général de la SAG, Mohamed Gharé, s’adressant aux sages, a fait une mise en garde lourde de sens : « Siguiri, trop c’est trop ! La Haute Guinée, trop c’est trop ! Qu’on arrête de violer les règles et apprenons à respecter l’autorité et la loi. Vous voulez nous montrer que vous êtes au-dessus de la loi ? ».

Pour une large partie de l’opinion publique guinéenne, cette mise en garde relèverait d’une cruelle vérité. Parce que le sentiment collectif qui domine c’est bien celui selon lequel les populations de la Haute Guinée, faisant jouer le chantage électoral, échappent un peu plus facilement aux lois, en dépit d’évidents manquements aux normes en vigueur. Mais du côté de Siguiri, ville frondeuse par excellence, cette vérité pourrait bien ne pas passer. Parce que si la région semble favorite du point de vue de l’application de la loi, elle pense cependant qu’eu égard à tous les sacrifices consentis, elle n’est pas particulièrement lotie par la gouvernance Alpha Condé.

En effet, à l’exception de menus travaux d’aménagement de la voirie urbaine de certaines villes de la Haute Guinée, la région demeure aussi appauvrie que tout le reste du pays. Désœuvrée et très malformée, la jeunesse se rue en masse vers l’exploitation minière artisanale. D’ailleurs, la pression sociale sur la SAG résulte du fait que les mines sont la seule opportunité d’emploi qui soit offerte à la jeunesse.

Alors si dans un tel contexte, on voudrait leur faire croire qu’ils en font trop, cela risque de passer pour une offense. Parce que dans leur entendement, leurs attentes sont proportionnelles aux sacrifices consentis.

Mohamed Sacko, www.kababachir.com

 

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