Sécurité alimentaire : l’énième alerte de la FAO

Insécurité, sécheresse, mouvements de réfugiés, les raisons ne manquent pas pour compliquer la situation alimentaire dans un grand nombre de pays africains. Selon un récent rapport de la FAO, ce sont 28 pays africains, parmi 39 dans le monde, qui ont besoin d’une assistance extérieure pour assurer leur sécurité alimentaire. Le détail de l’alerte de l’organisation onusienne…

28 pays africains, parmi 39 dans le monde, ont besoin d’une assistance extérieure pour assurer leur sécurité alimentaire. C’est ce que rapporte la nouvelle édition du rapport “Perspectives de récolte et situation alimentaire” de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Même si les prévisions agricoles suggèrent que les prochaines récoltes de grains seront relativement bonnes, la faim va probablement s’intensifier dans certaines régions et ce, pendant les saisons maigres, avant que les nouvelles cultures n’arrivent à maturation. En Afrique australe, où les effets du phénomène El Nino ont fortement contribué à réduire la production agricole en 2016, le nombre de personnes ayant besoin d’une assistance extérieure de janvier à mars 2017 devrait exploser, comparé à la même période de l’année précédente.

Sécurité alimentaire dans le monde

Au Zimbabwe, environ 33% de la population rurale (environ 3 millions de personnes) vivent dans l’insécurité alimentaire et devraient atteindre 44% (4,07 millions de personnes) entre janvier et mars 2017. Pareil en Ethiopie, les effets persistants de la sécheresse sévère de l’année précédente sur les systèmes de subsistance locaux s’intensifient. Au total, pas moins de 9,7 millions de personnes sont gravement touchées par l’insécurité alimentaire ! Chez le voisin somalien, la situation n’est guère meilleure. L’insécurité civile et la sécheresse localisée rend incertain l’avenir de 1,1 million de personnes qui ont besoin d’une aide d’urgence. Il s’agit principalement des personnes déplacées internes et des communautés agro-pastorales touchées par la sécheresse dans les régions du nord.

L’insécurité complique la donne…

S’ajoutent aux conditions météorologies difficiles, les conflits armés qui menacent la vie de plusieurs millions de personnes dans le continent. La persistance de l’insécurité civile en République centrafricaine et dans l’est de la République démocratique du Congo a entraîné des déplacements massifs de population. Pire, l’accès à la nourriture pour la population touchée se trouve entravé. En octobre 2016, environ 468 500 centrafricains se sont réfugiés dans les pays voisins, au Cameroun (274 000), en République démocratique du Congo (96 500), au Tchad (68 700) et au Congo (29 300).  Ce qui met sous pression les ressources déjà limitées des pays d’accueil. Le nombre de déplacés internes en République centrafricaine, qui a diminué en 2016 à la suite d’une amélioration relative de la difficile situation sécuritaire dans certaines régions du pays, a augmenté d’environ 36 000 en octobre. Il est désormais estimé à environ 421 000 déplacés. Les nouveaux déplacements ont été causé par la résurgence des violences inter-communautaires. Trois années consécutives de récoltes réduites, aggravées par des contraintes d’accès et de la baisse du pouvoir d’achat, ont entraîné une situation alarmante en matière de sécurité alimentaire. Ainsi, environ 2 millions de personnes (40% de la population totale) ont besoin d’une assistance urgente. Des perspectives défavorables pour la production céréalière sont également signalées au Sud-Soudan et dans certaines parties de l’Ouganda. Dans le pays le plus jeune au monde, la production céréalière globale est prévue à un niveau inférieur à la moyenne, en raison de l’insécurité qui empêche dans beaucoup de cas les agriculteurs d’accéder à leurs terres. Ce qui fait qu’un grand nombre de champs restent complètement abandonnés, explique le rapport.

La situation est tout aussi délicate en Afrique australe. Le Malawi et le Zimbabwe devraient connaître le plus grand nombre de victimes d’insécurité alimentaire, estimés respectivement à 6,5 millions et 4,1 millions de personnes. Le pays de Robert Mugabe a enregistré une forte détérioration des conditions de sécurité alimentaire, principalement dans les provinces méridionales touchées par la sécheresse. Parallèlement, les Etats dépendants des importations comme le Botswana, le Lesotho, la Namibie ou encore Swaziland ont atteint des niveaux élevés d’insécurité alimentaire.

Le besoin est valorisé à 2,7 milliards de dollars dans la région…

Un appel à l’échelle régionale a été lancé par la Communauté de développement d’Afrique australe qui a estimé à 2,7 milliards de dollars la valeur des besoins humanitaires de la population affectée par la sécheresse. La FAO indique qu’elle a mis en œuvre un programme d’intervention à l’échelle de la région, en étroite coopération avec les gouvernements nationaux, afin de contribuer à la construction de moyens de subsistance plus résistants. En plus des aides directes, il est surtout question d’apporter un soutien immédiat aux agriculteurs pour la prochaine campagne agricole, dont la capacité de production a été érodée par des récoltes consécutives réduites.

Source: afrique.latribune.fr

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