Dernières infos

Boké : « En 2016, le paludisme aujourd’hui, représente 35% des cas d’hospitalisation à l’Hôpital de Kamsar.», selon Dr Fatou Doumbouya, Médecin Chef de l’Hôpital ANAIM de Kamsar

Boké : « En 2016, le paludisme aujourd’hui, représente 35% des cas d’hospitalisation à l’Hôpital de Kamsar.», selon Dr Fatou Doumbouya, Médecin Chef de l’Hôpital ANAIM de Kamsar

Respectivement Médecin-Chef et directrice de l’Hôpital ANAIM de Kamsar, Dr Hadja Fatou Doumbouya, a accordé jeudi, 16 février 2017, un entretien à notre site d’informations. Dans cette interview, la première responsable de l’Hôpital en question, a passé en revue la situation du paludisme courant l’année 2016. Suivez :

Parlez-nous, en peu de mots, du paludisme au niveau de l’Hôpital de Kamsar.

En 2016, le paludisme aujourd’hui, représente 35% des cas d’hospitalisation à l’Hôpital de Kamsar.

D’où provient cette statistique ?

C’est parce que, nous avons dans toute la Région de Boké, plein de flaques d’eaux, un littoral, la mer, la pêche, eaux stagnantes un peu partout et plein de moustiques. Il y a de formes graves qui peuvent provoquer des décès ou donner des séquelles en cas de neuro paludisme.

Selon vous, que faut-il faire pour mettre un terme à la flambée du phénomène dans la Région de Boké ?

Nous avons un projet de lutte contre le paludisme qui a déjà débuté. Il y a la lutte anti larvaires (l’épandage d’insecticide) et la lutte avec des moustiquaires imprégnées.

Partout, il va y avoir des TDR (Termes de références). C’est un projet du Programme national de lutte et de prévention du paludisme (PNLPP) qui va distribuer des tests de diagnostic rapide dans tous les dispensaires et hôpitaux pour que les cas du paludisme soient réellement confirmés. C’est ce qui est en train d’être fait à l’Hôpital de Kamsar.

Comment se font les traitements à l’Hôpital de Kamsar que vous pilotez ?

Les traitements vont être bientôt gratuits dans la plupart des dispensaires quand le programme va les déposer. Le CTA, c’est un traitement qui n’est pas compliqué. Ce sont des comprimés à prendre à des heures bien indiquées, des quantités proportionnelles soit à l’âge chez les enfants. Et chez les adultes, il y a des doses bien codifiées qu’il faudra suivre.

Le paludisme semble banal, mais c’est une maladie grave. Puisque le paludisme tue, ce ne sont pas toutes les fièvres sont égales au paludisme. Il faudra bien faire attention à cela. C’est quelque chose contre lequel, l’Etat se lève actuellement. Et nous autres, directeurs d’hôpitaux, nous sommes en train de nous battre pour acquérir tous les moyens pour apporter de l’aide à nos patients.

En 2016, sur le nombre d’hospitalisation à l’hôpital de Kamsar, il y a eu pratiquement, 600 cas de paludisme dont près de 400 en pédiatrie et près de 200 en médecine. Ce qui fait quand même, un pourcentage non négligeable de 37 à 38% des cas d’hospitalisation. Ici nous n’hospitalisons que ceux qui ont des troubles neurologiques et le traitement coûtent chers.

Dr, quelles sont les stratégies de lutte contre le paludisme au sein de votre structure ?  

Actuellement, les cas qui nous arrivent sont bien traités. Nous faisons aussi, la prévention chez la femme. A Kamsar, il y a eu la première vague de la distribution des moustiquaires imprégnées. Nous aussi, nous comptons en distribuer très aux travailleurs de l’Hôpital de Kamsar. Nous pensons, à cet effet, effectuer un calcul et remonter à notre Direction Générale (DG).

Au niveau des dispensaires de la Région de Boké, il n’y a pas de difficultés réelles à part l’affluence rencontrée par des agents des structures sanitaires qui est problème. Sinon, tout va bien dans l’ensemble.

A l’Hôpital de Kamsar, la Direction, au-delà du travail quotidien, donne des objectifs à tous ses travailleurs qui, à leur tour, doivent donner des performances accrues dans leurs tâches respectives.  Nous avons ce que nous appelons ‘’Gratification’’ de fin d’année pour motiver les bons travailleurs. Si un travailleur est totalement satisfaisant 03 années de suite, il peut monter d’une échelle, ce qui est bien. Ensuite, un travailleur très performant, on peut lui confier des responsabilités. Donc, ce sont ces lignes d’encouragement que nous avons pour les travailleurs.

L’éducation d’un enfant n’incombe pas seulement au professeur ou aux instituteurs dans les écoles. Nous ne devons pas nous désengager de cela. Tous les parents sont directement responsables jusqu’à la majorité de leurs enfants. Ça veut dire que l’Education commence par le petit bébé. Ensuite, l’enfant préscolaire, l’enfant scolaire jusqu’à l’université. Si aujourd’hui, la délinquance juvénile progresse, c’est parce que les parents ont baissé les bras. Avant en Afrique, non seulement tu gères ton enfant mais celui du voisin. Mais aujourd’hui, on se dit non, nous sommes développés. Nous devons revenir à certaines valeurs. Le petit africain respecte l’aîné. Mais pourquoi cela ne doit pas continuer parce que c’est une bonne chose ? Je pense que les valeurs africaines d’avant, sont toujours d’actualité. Je conseille à tous les jeunes d’étudier. Tous les jeunes doivent se former. Ceux qui sont chrétiens doivent aller à l’Eglise en plus de l’école. Ceux qui sont musulmans, doivent apprendre le Coran. Du côté spirituel, ça donne un degré, en même temps, qu’on se perfectionne intellectuellement pour préparer son avenir. L’avenir se prépare à l’école mais, pas dans la rue. Il se prépare à l’école, pas dans les maquis.  Et ça se prépare aussi en famille.

Un message en direction des pères et mères de familles.

Ce que je conseille aux familles, c’est d’utiliser les moustiquaires imprégnées qui a été distribuées en long et en large. Dans presque toutes les familles.  Il faut les placer pour éviter la piqûre des moustiques surtout quand les enfants sont au dehors. Il faut aussi, prévenir le paludisme chez la femme en état de famille parce que, ça peut donner beaucoup de risques. Donc, je veux dire également à tous les jeunes de Boké de renoncer à l’immigration clandestine qui est une aventure incertaine. Nous ne savons même pas combien d’enfants meurent en haute mer. Il y a ceux qui disent’’ depuis que mon fils est parti, il ne m’a même pas écrit’’. Mais il n’est jamais parti, il est mort en mer. Et on ne le sait pas. Pire ! C’est que les parents ne peuvent pas faire le deuil. Les mères levons-nous pour lutter contre la migration clandestine. Avec ces pirogues qui chavirent, je ne veux plus m’assoir devant ma télé et pleurer. Les jeunes ressaisissez-vous. En travaillant fort, s’organisant en coopératives, en cultivant le maïs, les légumes, la tomate, vous avez le devoir de faire de la Guinée ce que vous voulez qu’elle soit. Ne regardons pas ces pays-là. D’ailleurs, ils ne veulent même pas de nous. Donc, restons chez nous. C’est l’heure de mettre de côté les histoires d’ethnies pour rendre la Guinée agréable.

Mamadouba Camara, correspondant Kababachir.com à Boké

A propos de l'auteur

Articles similaires