Quelle chance pour Siaka Barry en 2020 ?

Il sort de nulle part pour se faire nommer ministre de la Culture, des sports et du patrimoine historique. Mais, Siaka Barry a eu le privilège d’engranger des médailles et des trophées dans maintes disciplines sportives : football au niveau continental, boxe, karaté, etc. Il a fini par séduire les plus sceptiques.Tant les sports guinéens avaient connu une léthargie maladive. Il sera dégommé en août 2017 pour faire plaisir à un militant de seconde zone : Bantama Sow.

Depuis, Siaka Barry multiplie les rencontres avec des jeunes. Il se fait appeler le Macron guinéen. Même si, son inspiration et son modèle restent ceux de Sankara, l’ancien président du Faso. Son mouvement s’appelle ‘’Génération-débout’’. On le voit parmi les jeunes faisant des bains de foules, président des rencontres sportives et culturelles. Il est sorti un peu de l’anonymat avec les résultats obtenus au département d’ailleurs salués par tous, sauf ceux qui ne voient rien pour ne pas apprécier. Est-ce que vraiment suffisant pour se lancer en politique en brûlant manifestement les étapes : d’élection locale, Siaka mise plus haut, c’est-à-dire la présidentielle prochaine, celle de 2020. Très osé, trop ambitionné, trop prétentieux. Les superlatifs ont manqué pour désigner l’ambition affichée, peut-être prématurément.

En otage dont les acteurs sont pour l’essentiel des jeunes donc soif de changement, de sang neuf au niveau de la configuration du paysage politique guinéen, Siaka Barry compte sur cette tranche de la population.  « Je le souhaiterai de toutes mes forces, tant que la dynamique resterait ce qu’elle est, (……) si la jeunesse me demande et marque sa volonté d’aller avec un homme nouveau, et que cet homme nouveau c’est moi, je l’assumerai de toutes mes forces et sans ambages », lâche Siaka Barry.

Cette annonce risque de donner des maux de tête à un certain Bnatama Sow, l’autre ministre complexé du gouvernement Condé, venu aux affaires par militantisme outrancier. Prématurée ou pas, l’annonce de Siaka provoquera des frictions. En politique, on ne sait jamais. Seule évidence, des atouts cet ancien ministre en a y compris le contexte sociopolitique irrespirable. En effet, après près de huit ans de blocage politique lié à la versalité de certains leaders de l’opposition et au mépris du pouvoir, les Guinéens sont fatigués de ce chaos entretenu. Ils veulent de nouveaux visages.

Seulement, faire de la politique requiert de solides arrières…financiers. Siaka Barry en a-t-il ? Pas très évident. A part ces petites ressources brassées ici et là, car après tout, être ministre en Guinée, c’est synonyme d’enrichissement illicite. Mais ceci est une autre histoire. On attend pour le moment, la réaction du RPG…

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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