Présidentielles 2020: Abidjan n’est pas Conakry !

Alassane Dramane Ouatara, arrivé au pouvoir en 2010, au même moment que le Président guinéen Alpha Condé a déjà tranché sur la question d’un éventuel troisième mandat. Il n’ya aucun doute sur la question! Le Chef de l’Etat ivoirien partira en 2020. il l’a déjà à plusieurs reprises. Il l’a réitéré lors de la célébration du 58ème anniversaire de l’indépendance de son pays.

« Dans cette Côte d’Ivoire où est si vive la conscience de la responsabilité de génération en génération, la fierté veut que, chacun de nous laisse, à la génération future, davantage qu’il n’a reçu ». C’est pourquoi, ajoute Alassane Oustara, « Mes chers compatriotes, au moment où la Côte d’Ivoire célèbre ses 58 ans d’indépendance, je veux réaffirmer ma foi en la jeunesse et ma conviction dans le renouvellement des générations. Comme je l’ai déjà souligné, nous devons travailler pour transférer le pouvoir à une nouvelle génération, de manière démocratique, en 2020.»

Parce que, poursuit-il, «Notre pays est riche d’hommes et de femmes, jeunes, compétents, qui ont reçu une formation de qualité, qui ont appris à nos côtés comme nous avons appris aux côtés de nos aînés. N’ayons pas peur de passer le témoin. Faisons confiance à nos jeunes, tout comme nos aînés nous ont accordé leur confiance ».
Mais le Président ivoirien avait déjà lancé l’alerte lors de la création du parti unifié, le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), qui rassemble les partis de la coalition au pouvoir en dehors du PDCI, de Henri Konan Bédié.
Et pour cause, explique Alassane Ouatara, qui est à deux ans de la fin de son deuxième et dernier quinquénat, «La France a aujourd’hui un président qui a 40 ans, je ne dis pas que je suis vieux mais cela donne à réfléchir. Le monde change. Nous devons travailler le président Bédié et moi, la main dans la main pour transférer le pouvoir à une nouvelle génération en 2020» a déclaré Alassane Ouattara.

A Conakry, ce n’est pas à l’ordre du jour. Le Président Alpha Condé qui est hostile à la question d’une éventuelle modification de la Constitution, n’a toujours pas tranché sur la question. En plus, il reste toujours le Président du parti, le RPG-Arc-Ciel, où l’idée de la tenue d’un Congrès pour trouver son successeur à la tête du parti, reste une question tabou. Personne n’ose en parler. Et le Chef de l’Etat guinéen, estime pour sa part que: « Chaque président est libre de faire sa politique, je n’ai pas à porter de jugement. Personne ne me dira ce qu’il faut faire. Seul le peuple guinéen me le dira. », dira Alpha Condé, réponant à la question d’un journaliste.
Lors d’un de ses passages à Paris, où il a été reçu à l’Elysée, Alpha Condé, répondant à la question d’un journaliste sur une éventuelle modification de la Constitution pour un 3ème mandat, a déclaré devant les médias Français: « Arrêtons avec cette vision dogmatique de savoir si la bonne chose est un, deux ou trois mandats. Ça dépend de chaque pays et de la volonté de son peuple. Nous ne voulons plus que l’Occident nous dicte ce que nous devons faire. Les pays développés, on ne leur pose pas la question ! Est-ce qu’on pose la question à Singapour par exemple [le Premier ministre est dans son troisième mandat] ? Je n’ai pas à répondre. Ce n’est ni aux journalistes ni aux puissances extérieures de décider.

Pour le moment, j’ai un programme de développement et je me bats pour l’appliquer. Ma préoccupation n’est pas le nombre de mandats. C’est un débat qu’on nous a imposé. Marx a dit que l’humanité ne se pose jamais que des problèmes qu’elle est capable de résoudre. Le mien, c’est comment changer les conditions de vie des Guinéens, et avant tout des jeunes », a-t-il indiqué.

En tout cas à deux ans de l’échéance électorale de 2020 et avant les élections législatives prévues début 2019, Alpha Condé n’a toujours pas tranché sur la question d’un 3ème mandat.
Pendant que des manœuvres se poursuivent pour tenter d’évincer le Président de la Cour Constitutionnel, Keléfa Sall, qui avait rappelé au Président Condé le 21 décembre 2015, qu’il prêtait serment pour son deuxième et dernier mandat.

Ibrahima Sory Camara, www.kababachir.com

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