Présidentielle au Mali : distancé par IBK, Cissé appelle à un « front démocratique »

Largement distancé selon les résultats du premier tour de la présidentielle, Soumaïla Cissé a appelé les 22 autres candidats éliminés à faire front commun contre le président sortant Ibrahim Boubacar Keïta, dénonçant des « fraudes ».

C’est un front anti-« IBK ». Soumaïla Cissé, qui a recueilli le 29 juillet 17,8 % des voix lors de l’élection présidentielle malienne, contre 41,42 % pour le président sortant Ibrahim Boubacar Keïta, a appelé vendredi 3 août les 22 candidats éliminés à constituer autour de lui un « large front démocratique contre la fraude » et pour l’alternance.

Estimant que « le camp du changement est désormais majoritaire », celui qui affrontera de nouveau le 12 août IBK au second tour, comme en 2013, a jugé la victoire « à portée de main » si l’opposition « se rassemble ». Il a déjà reçu une fin de non-recevoir de la seule femme candidate, Djénéba N’Diaye, qui a obtenu 0,36 % des voix et s’est ralliée au président sortant dans la matinée.

Soumaïla Cissé s’est aussi inquiété de la fermeture jeudi par les autorités de la radio Renouveau FM en raison d’une virulente chronique de son animateur vedette, l’activiste contestataire Ras Bath. « Cela montre ce que pourrait être un deuxième mandat. Que Dieu nous en garde », a-t-il dit.

Le jeu des alliances

Le candidat arrivé troisième avec 7,95 % des voix, l’homme d’affaires Aliou Boubacar Diallo, a annoncé, malgré cette « prouesse » pour sa toute première participation, son intention de saisir la Cour constitutionnelle. Il a dénoncé « le bourrage des urnes dans certaines localités, leur enlèvement illégal ailleurs, la violation de la procédure de dépouillement dans de nombreux bureaux de vote, l’achat massif des consciences ou encore les plus de 200 000 bulletins déclarés nuls ». « Nous allons saisir la justice », a confirmé son porte-parole, Cheikh Oumar Diallo.

Enfin, le positionnement de l’ancien Premier ministre de transition (avril-décembre 2012), Cheick Modibo Diarra, arrivé quatrième avec 7,46 % des voix, loin devant les 20 autres candidats, sera très attendu.

« Les alliances du second tour ont commencé. Mais il faut huit points à IBK pour atteindre la majorité absolue, souligne Mamadou Samaké, sociologue et enseignant à l’université de Bamako, alors que pour l’emporter, Soumaïla Cissé devra faire le plein des voix des autres candidats et mobiliser très largement ses partisans. »

Avec AFP

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