Pourquoi une version payante de Facebook serait-elle possible dans le futur (lointain)?

  • L’agence Bloomberg a assuré que Facebook travaillerait sur une version payante.
  • Stéphanie Laporte, directrice du master de communication digitale et de community manager à l’Inseec, a décrypté pour 20 Minutes pourquoi cette éventualité revenait sur le devant de la scène.

Rendre payant un service qui a toujours été gratuit, vire dans beaucoup de cas à la mort sans agonie de ce dernier. Facebook ne ferait sûrement pas figure d’exception, sauf peut-être s’il s’agissait d’une version premium… L’agence Bloomberg, a récemment assuré que le réseau travaillait sur une variante payante et sans publicité. S’il n’existe pas vraiment de preuves concrètes, plusieurs points laissent en tout cas penser qu’un Facebook pour des abonnés pourrait trouver des adeptes.

« Il y aura toujours une version de Facebook qui restera gratuite ». Cette phrase énigmatique a été lancée par Mark Zuckerberg devant le Congrès américain le 11 avril dernier. Ce jour-là, le patron de Facebook était auditionné dans le cadre de l’affaire Cambridge Analytica. Pour ceux qui sortent tout juste de leur période hibernale : la filiale américaine de la société SCL est accusée d’avoir récupéré illégalement les données personnelles de 87 millions d’utilisateurs Facebook, afin d’élaborer des publicités ciblées dans le cadre de la campagne électorale de Donald Trump. Aussi farfelu que cela puisse paraître, c’est précisément ce scandale qui pourrait être la graine qui fera peut-être germer dans le futur un Facebook payant.

Une prise de conscience

Avec cette affaire qui a fait la Une des journaux du monde entier, « la plupart des gens se sont rendu compte que si Facebook était gratuit, c’est parce que ce sont eux les produits », explique à 20 Minutes Stéphanie Laporte, directrice du master de communication digitale et de community manager à l’Inseec. En effet, le modèle économique de Facebook est fondé sur la publicité. « Un schéma ultra-rentable qui justifie que jamais la version gratuite ne disparaîtra au profit d’une version par abonnement, beaucoup moins intéressante. » En effet, la plateforme engrange des milliards de dollars chaque trimestre en vendant sa connaissance des internautes à des annonceurs qui réalisent ainsi des publicités ciblées. 

« Beaucoup pensaient que seules les données qu’ils renseignaient sur leur profil pouvaient être collectées. Désormais, ils savent que Facebook analyse aussi leur comportement, leur navigation, ce qu’ils écrivent, likent et avec qui ils sont amis. » Une prise de conscience qui pourrait augmenter le nombre d’utilisateurs à vouloir avoir une maîtrise de leurs données personnelles, mais aussi à reprendre la main sur leur fil d’actualité.

Trop tard pour vous…

« L’algorithme de Facebook décide à notre place des publicités que l’on va voir, des activités et événements proposés ou encore de quelles actualités de nos amis apparaissent », poursuit la directrice de l’agence Social Media OTTA. L’envie de certains de ne plus être soumis à cette dictature de l’algorithme facebookien s’est déjà manifestée par le passé. C’est ainsi qu’ont été créés des réseaux sociaux alternatifs, sans publicité et plus confidentiels comme Mastodon, Diaspora ou encore Tsu. « S’ils n’ont pas vraiment bien marché, c’est parce que c’est très difficile de faire bouger l’ensemble de ses proches du géant Facebook », analyse Stéphanie Laporte.

Une version premium de Facebook serait-elle alors la solution pour garder les utilisateurs qui ne souhaitent pas que leurs données soient utilisées ? Pas actuellement pour la spécialiste des réseaux sociaux, « car si vous êtes déjà inscrit sur Facebook, ce dernier conservera tout de même vos données ! » De plus le réseau n’a pas enregistré une masse de départs de ses utilisateurs, au contraire. Au cours des trois derniers mois, leur nombre a augmenté de 13 %.

Selon Stéphanie Laporte, on pourrait alors imaginer une version payante dans un futur, mais lointain. Si un nouveau scandale éclatait et entraînait une fuite massive des utilisateurs ou tout simplement pour la nouvelle génération encore non présente sur Facebook.

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