Pourquoi ce Liverpool effraie-t-il autant ?

Premier adversaire du PSG en C1, mardi à Anfield, Liverpool fait presque office de gros bras. Pourquoi cette équipe est aujourd’hui si redoutable.

Mardi soir, le PSG entame sa campagne européenne par un duel face à Liverpool à l’extérieur. Une fois n’est pas coutume, le champion de France n’aura pas nécessairement les faveurs des pronostics lors d’une rencontre de phase de poules. Thomas Tuchel, le coach francilien, l’a d’ailleurs affirmé avant le choc, et ce n’était pas de la fausse modestie. Les Reds font aujourd’hui partie des formations qui font le plus peur sur le Vieux continent. Et cette impression est autant confrontée par les récents résultats enregistrés que par la confiance et l’ambition qui animent ce groupe.

Liverpool comme Paris a disputé cinq matches en championnat. Il y a eu sans-faute pour les deux camps, avec 15 points pris sur autant possibles. Toutefois, l’évidence est que les Merseysiders ont affiché globalement plus de maitrise dans leurs rencontres que les Parisiens. S’il est parfois compliqué de superposer les contextes, il n’est pas interdit de se fier aux chiffres et aux évolutions des scores. Et sur ce plan-là, le constat s’impose de lui-même : le LFC, qui n’a pas encore eu à courir derrière le score et qui n’a pris que deux buts pris en cinq matches, se trouve dans une meilleure dynamique que son futur adversaire.

Les Anglais sont donc performants alors que se profile ce premier grand rendez-vous européen. La question qui peut se poser : le sont-ils plus que la saison dernière ? Y a-t-il eu un palier de franchi durant l’intersaison ? Cette équipe, qui a échoué à une marche du sommet européen, a-t-elle comblé les manques qu’elle présentait et qui l’ont empêché d’enrichir son palmarès en mai dernier ? Des interrogations qui sont sur les lèvres de tous les observateurs. Les réponses définitives ne pourront malheureusement être apportées qu’à travers le terrain, mais il est déjà possible de se faire une opinion à travers l’analyse de plusieurs vérités.

L’équipe est devenue plus solide défensivement

S’il est toujours prématuré de tirer des conclusions à ce stade de la saison, il ne fait pas vraiment de doute que Liverpool est devenue une équipe plus difficile à surprendre qu’elle ne l’était par le passé. Le fait qu’elle présente la meilleure défense de la PL est le début d’une preuve. Une solidité incarnée par un homme en particulier, en l’occurrence Alisson. Ce dernier a, certes, commis un impair lors du match contre Leicester (2-1), mais il s’est montré, par ailleurs, à la hauteur de son statut du gardien le plus cher au monde. Il a effectué douze arrêts, dont quelques-uns aussi spectaculaires que précieux (contre Brighton notamment). Sa simple présence doit aussi rassurer ses partenaires, et cela tranche avec la situation qu’il y avait la saison dernière où Karius et Mignolet ont déçu, avec une rotation aux effets contraires de ceux espérés.

Liverpool dispose donc enfin d’un dernier rempart digne de ce nom. Est-ce la seule explication au fait que cette équipe prenne moins de buts ? N’est-ce pas toute l’équipe qui offre moins de munitions à ses adversaires ? Les statistiques démontrent une stabilité dans ce domaine (2,8 tirs/match concédés contre 2,79 la saison dernière) et une possession moindre à celle du championnat écoulé (57 contre 60%). Cependant, l’on voit aussi que l’équipe effectue moins de passes dans sa propre moitié de terrain (244 contre 260), ce qui est la preuve qu’elle subit moins. Et ce ne sont pas les Spurs qui contrediront cette thèse, eux qui ont attendu d’être menés 2-0 samedi dernier avant de se montrer enfin menaçants.

Le banc est plus profond

La puissance de Liverpool cette saison se vérifie aussi à travers le pedigree de son effectif. Lors des derniers exercices, c’était là où le bât blessait en comparaison avec les autres grandes équipes européennes, ou même anglaises. Jürgen Klopp ne disposait pas de suffisamment d’atouts dans son groupe pour préserver une compétitivité sur tout le long de la campagne. La qualité des remplaçants était à des années-lumière de celles des titulaires. Et c’est en partie pour cette raison que l’équipe a terminé la campagne à bout de souffle. Le coach allemand l’a d’ailleurs admis lundi en conférence de présence : “On a perdu beaucoup de matches vers la fin et c’est parce qu’on n’avait plus que 13 ou 14 joueurs valides”.

Le technicien allemand et le board ont semble-t-il retenu la leçon de ses déboires. Et c’est pourquoi durant l’été, ils ont été ceux qui ont le plus dépensé sur le marché des transferts en Angleterre avec un investissement total de 182M€. Résultat des courses : l’équipe ne se trouve plus à la merci des pépins et des défections. Contre Tottenham, le banc des Reds faisait même fière allure avec la présence en son sein de Fabinho, Shaqiri, Sturridge et Henderson, entre autres.

Naby Keita, la pièce du puzzle qui manquait au milieu

Parmi les recrues que Liverpool a fait venir durant le dernier mercato il y a le Guinéen Naby Keita. Cet ex-joueur de Leipzig n’a pas attendu très longtemps avant de prendre ses marques à Anfield. D’emblée, il s’est imposé comme un élément clé, et par qui tout le jeu de l’équipe passe. Il est aussi précieux défensivement, avec les interceptions et récupérations qu’il effectue, qu’offensivement, puisqu’il lance les attaques, combine avec les éléments de devant et casse les lignes par ses transmissions précises (88% de passes réussies). En somme, il a tout d’un milieu relayeur moderne.

La bonne adaptation de Keita avec le LFC est telle que Klopp n’ose plus toucher à son milieu de terrain, et ce au grand dam de Fabinho, l’autre recrue phare dans ce secteur et qui n’a pas encore disputé la moindre minute en Premier League. L’Allemand croit avoir trouvé la bonne formule, et il semble difficile de lui donner tort. Sa formation carbure à plein régime et Keita répond parfaitement à toutes ses attentes.

L’équipe a gagné en expérience

La saison dernière, Liverpool a disputé en tout et pour tout 56 matches. C’était épuisant, d’autant plus qu’il n’y avait pas de récompense à la fin. Cela dit, cette longue campagne a généré inéluctablement beaucoup de bienfaits. L’équipe, dont le onze était modifié d’un match à l’autre avec un ou deux éléments maximum, a appris à jouer et performer ensemble. Après une longue attente, l’entraineur a enfin pu bâtir une formation à son image, et où chacun connaît son rôle. De l’extérieur, cette harmonie collective était plus que criante, spécialement lors des matches joués face à Manchester City. Et bien sûr, la bonne dynamique née de la succession de résultats positifs a donné du crédit à ce choix de la stabilité.‘article continue ci-dessous

Par rapport à 2017/18, il y a trois nouveaux joueurs dans le onze de Liverpool, en l’occurrence Alisson, Naby Keita et l’arrière Joe Gomez. Des incorporations qui auraient pu éventuellement nuire à la bonne marche de l’équipe, mais il n’en a rien été. Au contraire. Ce trio a su parfaitement s’intégrer, en apportant, de surcroit, de réelles valeurs ajoutées. Dans un système en 4-3-3 parfaitement rodé, ils ont donc pris leurs marques en un temps record. En faisant le parallèle avec le PSG, le contraste est patent. L’équipe de la capitale française a connu l’arrivée d’un nouveau coach, avec tout ce que cela provoque comme révolution en terme de fonctionnement et expérimentations tactiques (plusieurs schémas utilisés). Et les champions de France sont aussi confrontés à des blessures et suspensions, pas vraiment propices à créer des repères.

Une attaque toujours aussi efficace

Liverpool a terminé la Ligue des Champions 2017/18 en ayant la meilleure attaque de la compétition. Le trio Mohamed Salah, Roberto Firmino et Sadio Mané a fait souffrir bien défenses, et en étalant également une remarquable complicité. La saison 2018/19 semble avoir démarré sur les mêmes bases puisque chacun des trois éléments a déjà pu trouver la faille (4 buts pour Mané, 2 pour Firmino et Salah), même si le total général de l’équipe donne un peu moins le tournis pour l’instant (2,2 buts/match). Quoi que, le nombre de tirs cadrés (7 en moyenne par match, contre 6 la saison d’avant) prouve que le rendement offensif n’est pas nécessairement en baisse.

Aux yeux de Klopp, ce trio offensif est indéboulonnable. Il lui arrive d’y toucher, mais seulement dans le dernier quart d’heure de jeu, afin de ménager les organismes et prévenir les blessures. Il chouchoute et met en confiance ses attaquants, et ces derniers le lui rendent bien. Et en particulier lors des grandes affiches. Pour le PSG, cela tombe mal ; celle de mardi soir en est assurément une.

 

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