Pardon, “il faut sauver le soldat Alpha Condé”.

C’est un naufrage, c’est pathétique. Pour répondre à la grogne sociale et politique, il tient un discours à la nation qui suscite la déception générale des Guinéens qui attendaient des mesures fortes pour juguler les crises qui frappent de plein fouet notre pays. On a l’impression de vivre une ambiance à la Jacob Zuma, à la seule différence qu’Alpha Condé n’a pas encore le couteau à la gorge pour l’obliger à démissionner comme ce fut le cas de ce dernier. Jacob Zuma a démissionné pour éviter l’humiliation de la motion de défiance de son propre parti l’ANC au parlement sud-africain.

Alpha Condé doit partir pour lui éviter l’humiliation d’un soulèvement populaire qui n’est plus à exclure en raison de l’immense colère qui gronde dans le pays. A quoi bon jouer à l’autruche, pour ne pas entendre les clameurs des femmes dans les rues de Conakry ? Alpha Condé n’a plus l’autorité politique et morale pour continuer à diriger la Guinée.

Il peut certes, continuer à traîner le pouvoir dans la boue jusqu’en 2020, mais il a perdu toute autorité sur le pays. Il est inaudible, les Guinéens n’attendent plus rien de lui. On voit bien que ses conseillers officiels ou occultes ont utilisé toute leur panoplie de stratagèmes pour qu’il regagne la confiance des Guinéens, en vain, c’est fini, il ne représente à leurs yeux que le “papa promesses” avec à la bouche son traditionnel “désormais, je vais faire…”.

Il nous promet encore un énième remaniement ministériel pour choisir des ministres proches du peuple, mais finalement, c’est lui qui n’a pas de respect pour le peuple. Qui ne se rappelle pas, au lendemain des législatives de 2013, de sa promesse de former un nouveau gouvernement qui va régler nos problèmes, ou de l’actuel gouvernement appelé pompeusement gouvernement de combat?
Il faut savoir que l’ANC n’a pas voulu prendre le risque de maintenir Jacob Zuma au pouvoir jusqu’aux élections de 2019, pour ne pas subir une défaite cuisante, à cause des scandales financiers à répétition, “la captation de l’Etat” par les complices de Zuma, les frères Gupta et la crise économique qui ravage l’Afrique du Sud devenue une république bananière ordinaire comme la plupart des pays africains. De notre côté, devons-nous attendre jusqu’en 2020 pour pousser à la sortie Alpha Condé ?

Ses dégâts sont énormes et nous ne voyons pour le moment que la face de l’iceberg. Il a déjà vendu à vil prix nos mines aux Chinois, il va continuer à nous étrangler de dettes pour financer des infrastructures de piètre qualité qui ne tiendront pas longtemps. Il est entrain de vendre nos terres agricoles, de permettre enfin que la société chinoise Forêt forte transforme en clairières nos deux grandes forêts classées, notamment la forêt de Ziama qui est classée patrimoine mondial de l’Humanité et réserve de biosphère par l’UNESCO et la forêt de Diécké.

On apprend qu’il a vendu notre Port autonome de Conakry aux Turcs. En sept ans, ce sont 34.000 milliards de francs, soit 4,5 milliards de dollars destinés aux investissements publics qui sont partis en fumée, car il ne peut pas justifier les traces de l’intégralité de ce montant pour un pays si pauvre que la Guinée alors que le pays manque cruellement d’infrastructures routières, hospitalières et des écoles.

En politique, lorsqu’un dirigeant n’inspire plus confiance, même à ses troupes, la sagesse lui commande de partir. C’est le choix fait par Hollande et ces jours-ci par Desalegn le Premier ministre éthiopien. Mais Alpha Condé n’en n’a pas conscience, il s’agrippe convulsivement à son pouvoir crépusculaire, donc il ne sait pas encore que c’est la fin qui approche.

Alpha Saliou Wann

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