Opération d’élargissement du pénis: Quelles méthodes pour quels risques?

MEDECINE Un jeune homme a poursuivi en justice le chirurgien esthétique après une opération d’élargissement de son pénis qui a mal tourné…

  • Après une pénoplastie, une opération d’élargissement de son pénis qui lui a laissé des séquelles, un jeune homme de 27 ans a poursuivi en justice le chirurgien esthétique qui l’a opéré.
  • Le chirurgien lui aurait injecté de l’acide hyaluronique dans la verge, un produit dont l’usage n’est pas recommandé sur les parties génitales.
  • Le Dr Marc Abécassis, pionnier de la chirurgie de l’intime, explique à « 20 Minutes » les dessous de la pénoplastie.

Il imaginait certainement que ces centimètres gagnés changeraient sa vie. Mais si c’était à refaire, jamais il ne sauterait le pas. Après une opération d’élargissement du pénis qui a viré au cauchemar, un jeune homme a poursuivi en justice le chirurgien qui l’avait opéré du pénis. Complexé depuis toujours par la taille de son sexe, Sébastien, aujourd’hui âgé de 27 ans, fait appel en 2013 à un chirurgien réputé, le Dr. S., pour une augmentation du volume de sa verge. Mais le résultat n’est pas du tout celui escompté.

Pour corriger « l’effet couronne » apparu au bout de son pénis, qui se manifeste par un rétrécissement de la circonférence de la verge dans la région du gland, le Dr S. décide alors d’injecter de l’acide hyaluronique dans le pénis de son client en février 2015. « Des boules sont apparues […] et j’ai commencé à perdre des morceaux de peau », a raconté le jeune homme au Parisien. « Mon pénis est devenu très douloureux avec un sentiment de brûlure intense […] Des boules sont apparues et mes érections étaient de plus en plus inutilisables. J’ai aussi commencé à perdre des morceaux de peau », a expliqué le jeune homme.

« L’utilisation d’acide hyaluronique pour un élargissement du pénis n’est pas la méthode la plus admise, ni la plus pratiquée », indique le Dr Marc Abécassis, chirurgien plasticien à Paris et pionnier de la chirurgie esthétique de l’intime, qu’il pratique depuis 27 ans.

Gagner en volume

Source de complexes au sein de la gent masculine, la taille jugée insuffisante du pénis peut virer à l’obsession, et pousser certains hommes à croire qu’ils ne sont « pas dans la norme ». Mais qu’est-ce que la norme ? Selon une étude américaine publiée début 2015 dans la revue scientifique d’urologie ​BJU International, qui a compilé les mesures portant sur la verge de 15.500 hommes, la longueur d’un pénis au repos est en moyenne de 9,16 centimètres et de 13,12 cm en érection.

Côté largeur, la circonférence du pénis, toujours en moyenne, passe de 9,31 cm au repos à 11,66 cm en érection. Pour ceux qui jugent leur pénis trop fin, le complexe peut être trop difficile à vivre, et impacter leur vie sociale et sexuelle. Pour le surmonter, certains décident alors de recourir à la chirurgie pour gagner en volume, et avoir un pénis plus gros. Une intervention nommée pénoplastie. « Cette opération permet de gagner en moyenne 1,5 cm de circonférence pénienne : on parle donc du périmètre du pénis, précise le Dr Marc Abécassis. C’est donc un chiffre déjà important », assure le chirurgien.

Deux méthodes : injection d’acide hyaluronique ou lipofilling

Pour cela, « la méthode reine, c’est la greffe de graisse autologue, ou lipofilling. Elle consiste à prélever un peu de graisse au patient, avant de la lui réinjecter dans le corps de la verge, afin d’augmenter sa circonférence », détaille le chirurgien, qui « ne pratique que cette méthode-là. L’avantage de l’autogreffe est que, comme la graisse est prélevée directement dans le corps du patient, on ne manipule pas de corps étranger, ce qui écarte les risques de rejet ». Une intervention qui dure au total 45 minutes.

Mais depuis une dizaine d’années, une autre technique s’est développée. Elle consiste cette fois-ci à « injecter non pas de la graisse dans la verge du patient, mais de l’acide hyaluronique ». L’acide hyaluronique, c’est un composant naturellement présent dans la peau, qui a la faculté de capter et conserver l’eau dans les tissus. Des propriétés vite repérées par l’industrie cosmétique qui en use dans la composition de nombreuses crèmes anti-âge, mais aussi par les chirurgiens et médecins esthétiques, qui en utilisent en injections pour combler certains volumes, comme les sillons nasogéniens par exemple. « C’est d’ailleurs un produit parfaitement indiqué sur des zones comme le visage », confirme le Dr Abécassis.

Les risques de la pénoplastie

Comme toute intervention, une opération d’élargissement du pénis comporte des risques. « Il y a en premier lieu les risques inhérents à toute intervention chirurgicale : l’infection et l’hématome et, de manière plus globale, les risques liés à l’anesthésie, rappelle le chirurgien plastique. Ces risques sont exceptionnels, mais il faut rappeler que ce sont des actes chirurgicaux », précise celui qui n’intervient qu’après avoir laissé ses patients observer un délai de réflexion de 15 jours. Concernant l’acte d’élargissement du pénis en lui-même, « le recours à l’autogreffe de graisse prévient les effets secondaires, affirme le Dr Marc Abécassis. Il peut éventuellement y avoir une légère disharmonie, que l’on peut facilement corriger, ou encore l’apparition de petites fibrosités, des formations de petits kystes de graisse qu’une injection de corticoïdes suffit à faire disparaître ».

En revanche, « il y a des risques directement liés à l’acide hyaluronique, qui peut se constituer en amas difficiles à retirer », poursuit le chirurgien de l’intime. Problème : selon Le Parisien, le Dr S. aurait injecté directement dans la verge de Sébastien du Macrolane, un gel d’acide hyaluronique, pour corriger l’effet couronne apparu sur le pénis de son patient. « Cet effet couronne s’observe dans la région du gland, là où la peau est un peu plus charnue », explique le Dr Abécassis. Pire encore, Sébastien a eu d’importants troubles érectiles, des douleurs intenses et d’autres effets secondaires. Pour retirer l’acide hyaluronique injecté, le Dr S. a revu le jeune Sébastien à six reprises. Des interventions douloureuses, selon l’intéressé, et réalisées à la main.

Or, selon le médecin mandaté pour réaliser l’expertise suite à la plainte déposée par le jeune homme, le Macrolane n’est pas indiqué pour un usage sur les parties génitales. La notice du produit mentionne d’ailleurs que le Macrolane est un médicament à « ne pas utiliser dans les organes génitaux masculins ou féminins ou à proximité. Des cas de dysfonctionnement érectile ont été rapportés après traitement du pénis ». Ainsi, « aux Etats-Unis, tout médicament à base d’acide hyaluronique est interdit d’utilisation sur les parties génitales, indique le Dr Marc Abécassis. Moi qui pratique la chirurgie de l’intime depuis plus de 27 ans, je ne l’ai absolument jamais utilisé ».

https://www.20minutes.fr/sante

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