Nouvelle CENI : L’opposition en rang dispersé, crée un blocage !

Alors que la Guinée fait face à deux rendez-vous électoraux importants (législatives en 2019 et présidentielle 2020), il y a encore un blocage dans la recomposition de la nouvelle Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI).

Et pour cause, la désignation des membres de cette institution électorale peine à être effective. Si la désignation des représentants de la mouvance présidentielle, la Société civile et l’administration n’ont posé  aucun problème, celle de l’opposition constitue un blocage. Au lieu de 7 membres, qui doivent revenir à l’opposition, les adversaires d’Alpha Condé, qui vont en rang dispersé, ont déposé séparément deux listes des 8 membres.

Sur les raisons de cette divergence, le Chef de file de l’opposition  donne les raisons :

«Il s’est avéré qu’il y a trois partis qui pouvaient donc désigner des représentants. L’UFDG, l’UFR et le PEDN. Nous avons invité ces partis à venir pour essayer de voir comment on applique la nouvelle loi sur la CENI. L’UFR a répondu, le PEDN a répondu. Une première discussion, on s’est pas mis d’accord sur les quotas à attribuer pour chaque parti. Parce que cette fois-ci, cette loi a précisé qui devait avoir quoi. On a dit c’est au prorata des résultats obtenus lors des élections nationales, la présidentielle et les législatives. Alors bien entendu, dans le résultat, l’UFDG avait droit à 5,53 commissaires, l’UFR 1,14 et le PEDN 0,33 », explique Cellou Dalein Diallo au sortir d’une plénière avec ses pairs de l’opposition républicaine.

Poursuivant, le président de l’UFDG  explique la clé de répartition, qui n’aurait pas plu à l’UFR de Sidya Touré, qui a fini par déposer sa liste aux ayants droit.

«Donc, on a estimé que l’UFDG qui a 5,53 pour prétendre à 6 pouvait renoncer à ces 0,53, l’UFR qui a 1,14 pouvait renoncer à 0,14 pour que le PEDN puisse compléter et obtenir un député pour que le quota de trois partis puisse être satisfait. Donc nous avons fait ce calcul, nous avons transmis aux partis. Le PEDN a reconnu, accepté et désigné son représentant. L’UFR nous a informé que lui il transmet sa liste de représentants à qui de droit. Donc, il aurait présenté deux candidats», regrette le Chef de file de l’opposition guinéenne.

De son côté, Sidya Touré, au cours d’une cérémonie de présentation des vœux organisée à son domicile, a tenté de justifier sa décision de cheminer seul :

« Nous nous sommes concertés au niveau de l’Assemblée nationale pendant trois mois. (…) Je ne vois pas qu’après ces mois, c’est lundi qu’on nous sort un texte pour dire qu’il y a un calcul mathématique qui fait que nous, on devrait avoir un (1) conseiller et l’UFDG cinq (5). Est-ce que l’UFDG à cinq fois plus de députés que nous à l’Assemblée nationale ? Nous, nous restons sur le principe qui a été défini entre nous, qui fait que nous avons deux (2) conseillers, l’UFDG quatre (4) et le PEDN un (1). Pour le reste, c’est de la spéculation », estime le leader de l’UFR.

Dans un décret rendu public jeudi, le président Alpha Condé a nommé partiellement les 10 membres de la CENI, en attendant les 7 de l’opposition.

S’exprimant ce matin dans l’émission « les Grandes Gueules » chez nos confrères d’Espace fm, le ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, estime que l’absence de l’opposition dans cette nouvelle CENI, n’empêchera pas l’installation des commissaires encore moins le démarrage des activités de l’institution électorale.

Mais s’agissant de la clé de répartition, le Général Bouréma Condé n’a pas voulu s’étendre la dessus, estimant que cela ne relève pas de ses prérogatives.

Jusqu’où l’UFR et l’UFDG vont maintenir ce blocage ? Qui est habilité à trancher pour enfin débloquer cette situation?

Les jours qui suivent nous édifieront d’avantage.

Abdoul Wahab Barry, www.kababachir.com

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