Moscou, un contrexemple de démocratie…

En mars 2018, Vladimir Poutine, réélu avec un score soviétique de 76% des voix a entamé son 4è mandat dans un climat de verrouillage du jeu politique sans précédent. Vladimir Poutine s’est présenté on se rappelle, en candidat indépendant pour ne pas entacher sa légitimité par une proximité avec le parti sur lequel il s’appuyait jusqu’ici, Russie unie, considéré par bien des Russes comme le parti « des escrocs et des voleurs », pour ainsi parler comme la presse occidentale.

AlexandrBregadzé, Popov diplomate partisan et militant du RPG à Conakry sait plus que quiconque que l’opposition dite libéralerusse, éclatée en quatre, a vu sa meilleure candidate, KseniaSobtchak, obtenir que 1,6 % des voix. Ce chargé de Com d’Alpha Condé sait aussi que les autres institutions de son pays telles que la justice, la société civile, la police, les médias, sont toutes étroitement contrôlées et donc loin d’être crédibles. Les Russes pour l’essentiel se méfient d’elles. Ils vivent, effarés, la rotation des postes du « Vojd » – le Guide Vladimir Poutine.

En 2008, Dimitri Medvedev, vice-Premier ministre depuis quelques mois, avait remplacé à la présidence Vladimir Poutine qui ne pouvait effectuer plus de deux mandats consécutifs. Ces acrobaties constitutionnelles avaient permis, on se rappelle à Vladimir Poutine de rester ainsi de facto le maître du pays, avant de récupérer son poste de président en 2012, où il s’était empressé de « renvoyer l’ascenseur» à Dimitri Medvedev en le nommant chef du gouvernement. Sauf que, 65 ans aujourd’hui, Poutine sera en effet une fois de plus,frappé par la limite constitutionnelle de deux mandats consécutifs, en 2024. C’est dire que le diplomate-militant en poste à Conakry devrait avoir de quoi donner de la voix que d’inviter Alpha Condé à modifier la Constitution guinéenne. Il reste qu’il n’est pas à sa première sortie. Il y a quelques mois, Alexander Bregadzes’était attaqué aux opposants guinéens à la Constitution confèrent les marches pacifiques comme contre-pouvoir.

C’est pourquoi, il est question de le recadrer comme l’ont fait déjà des opposants: « Je pense qu’il pourrait prendre la nationalité guinéenne et commencer si ça l’intéresse à s’impliquer si profondément dans affaires intérieures guinéennes. Les leçons de démocratie, nous n’avons pas à les recevoir de la Russie. Ceux qui se battent ici sont des gens qui ont de hautes estimes de leur pays. Nous continuerons à agir ainsi. Et nous demandons à cet ambassadeur de respecter le peuple de Guinée et la Constitution. »

Faya Milimono du BL ajoute :« Je crois que quand on est ambassadeur accrédité dans un pays, on n’est pas ambassadeur accrédité auprès du président, c’est auprès du pays. On se doit n’est-ce pas de veiller au respect des textes de ce pays. Mais le comportement, que nous constatons de la part de l’ambassadeur de Russie, c’est regarder nos textes de lois, nos textes constitutionnels avec mépris. » En clair, Moscou est loin d’être un exemple de démocratie. Bredgazé doit se le souvenir. A ses dépens.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.