Mauvaise entame du ministre Amara Somparé

On ne sait pas s’il faut appeler cela du zèle émanant de l’émotion, suite à une nomination certes attendue, mais une promotion qui voudrait tout de même trancher avec la démarche d’un prédécesseur aphone, indifférent et absent. Ce qui est évident, le nouveau ministre de la communication et de l’information vient de faire une mauvaise entame.

A peine nommé, comme s’il n’attendait que cela et par ricochet dissuader les autres cadres du département, il suspend Souleymane Doumbouya qui se trouve être le Directeur national des services de la communication. Le seul tort pour ce cadre du RPG, c’est d’en être par ailleurs le chargé de com d’une structure privée. Selon le ministre Somparé, il est hors de question qu’il y ait cumul de fonctions. L’arrêté du ministre alimente les débats. Certains y voient des règlements de comptes, d’autres trouvent bien normal que cette sanction tombe. La polémique enfle pendant que Souleymane Doumbouya est déjà à la Mecque.

Jeune pétri d’expérience et précédé d’une certaine réputation, Amara Somparé, au-delà de la référence faite sur le statut général de la Fonction publique qui gère ce genre de sanction entend dissuader bien d’autres cadres, nous rapporte-t-on, aujourd’hui tentés de faire autre chose, pour arrondir les angles et enrichir les CV.

De toutes les façons, c’est vraiment mal connaitre l’administration publique. Du sommet à la base. En effet, Amara Somparé ignore-t-il le nombre de ministres qui ont des structures parallèles, surtout qu’il est issu des Grands projets et marchés publics ? Ne savait-il pas que c’est ministre de la République qui donne de l’Internet aux départements et depuis des années ?

Pourtant ce marché est passé jusque dans le bureau de ce même Amara Somparé ? Où était-il lorsque l’ancien ministre des Finances Diaré pilotait ses sociétés qui concourraient à la commande publique ? Que dire du ministre Kourouma, alors au Pré universitaire ? Où il laisse Koutoub qui gère un groupe de presse et une agence de voyage ? Et Aboubacar Sylla, alors opposant et patron de presse ? Amara Somparé ne sait pas non plus qu’il y a des correspondants de radios et de médias étrangers qui foisonnent à son nez et à sa barbe ?

C’est du zèle précoce, cette décision de suspension « d’un directeur général dans la direction nationale de la communication ». Dans cette phrase déjà, on dénombre un hiatus : Soumeymane Doumbouya n’est pas directeur général, mais directeur national, nommé par décret depuis le 16 Juillet 2016 comme Directeur National des Services de Communication au ministère de la Communication.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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