Mali – élection présidentielle : un second tour crucial

Les Maliens retournent aux urnes ce dimanche 12 août pour départager Ibrahim Boubacar Keïta et l’opposant Soumaïla Cissé. Un scrutin sous haute tension.
Ibrahim Boubacar Keïta, 73 ans, a été crédité de 41,7 % des voix, tandis que Soumaïla Cissé a obtenu 17,78 % des voix. Sans instruction de vote des principaux candidats de l’opposition, le président Keïta est considéré comme le favori. Mais les accusations croissantes de fraude et de bourrage d’urnes ont entaché l’entre-deux-tour. 

L’essentiel

Mais, avant même l’ouverture des bureaux de vote, dans la nuit de samedi à dimanche, le camp de l’opposant Soumaïla Cissé, en lice face au président sortant, a affirmé qu’une fraude était en préparation. « Cela fait trois jours qu’on apprend que des bulletins de vote circulent dans le pays », a déclaré à l’AFP le chef de la campagne de Cissé, Tiébilé Dramé. « Ces bulletins devraient être sous scellés et ouverts seulement en présence des assesseurs, des délégués et des mandataires des candidats », a-t-il ajouté.

Jigi@JigiAfrica

Des partisans de Soumaïla Cissé se sont réunis le 11 août 2018 à Bamako pour “appeler à des élections libres”. Demain, c’est dans les urnes qu’ils devront faire entendre leur voix s’ils veulent aider leur candidat, qui est en ballotage défavorable face à Ibrahim Boubacar Keïta.

La tension était déjà montée samedi lorsque les services de renseignements maliens ont arrêté trois membres d’un commando, qualifié de « groupe terroriste », au moment où il « planifiait des attaques ciblées à Bamako pendant le week-end ».

Les 23 000 bureaux de vote ouvrent de 8 heures à 18 heures dans cet immense pays du Sahel toujours confronté à la menace djihadiste malgré cinq ans d’interventions militaires internationales, les résultats étant attendus dans quatre ou cinq jours. Le vainqueur, qui entrera en fonction début septembre, aura la lourde tâche de relancer l’accord de paix conclu en 2015 par le gouvernement et l’ex-rébellion à dominante touareg, dont l’application accumule les retards. L’accord avait été signé après l’intervention de l’armée française qui, en 2013, avait repris le contrôle du nord du Mali, où les djihadistes avaient instauré la charia pendant un an.

9 H 41 GMT. Ibrahim Boubacar Keita a voté

Le president sortant est arrivé aux alentours de 9h 00 au centre « École A-B » de Sebenicoro, à Bamako.

Olivier Dubois@LolivDubois

Sur la route boueuse de l’ecole ABC de Sébénicoro, au passage du président qui vient de voter, femmes et enfants crient “Boua ta bla”

8 h 15 GMT. Le premier tour

Lors du premier tour, le 29 juillet, 871 bureaux (plus de 3 %) étaient restés fermés en raison de violences, empêchant près de 250 000 Maliens de voter, surtout dans le centre et le nord.

Cette fois, quelque 36 000 militaires maliens, soit 6 000 de plus qu’il y a 15 jours, seront mobilisés afin de « renforcer » la démocratie et de « crédibiliser le processus à travers une participation massive de la population », selon Cheick Oumar Coulibaly, un conseiller du Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga. Le chef du gouvernement s’est lui-même rendu samedi à Mopti pour vérifier si « tout est en place » dans cette région en proie à des violences ethniques attisées par des groupes djihadistes.

L’armée malienne sera de nouveau appuyée par les Casques bleus de l’ONU, les forces françaises de l’opération Barkhane et, dans le nord, où l’État est peu ou pas présent, par des groupes signataires de l’accord de paix.

Primature du Mali@GouvMali

Le Chef du Gouvernement a annoncé, à , une combinaison des moyens terrestres et aériens des forces armées et de sécurité, incluant le déploiement de 6000 hommes supplémentaires sur l’ensemble du territoire (portant l’effectif à 36 000).

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8 heures GMT. C’est parti

Les bureaux de vote ont commencé à ouvrir un peu partout au Mali. Le second tour débute officiellement pour élire le nouveau président. Comme en 2013, les Maliens devront départager l’actuel chef de l’État Ibrahim Boubacar Keïta, dit « IBK », et l’opposant et ancien ministre des Finances Soumaïla Cissé.

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