L’intelligence artificielle au service des plus démunis

L’intelligence artificielle sera-t-elle le sauveur de l’humanité ou, au contraire, son fossoyeur ? En attendant de trancher sur cet épineux débat, deux frères milliardaires du secteur technologique veulent faire en sorte qu’elle soit au service des plus démunis.

Originaires d’Inde mais vivant aux Etats-Unis, Romesh et Sunil Wadhwani ont inauguré cette semaine à Bombay une fondation –Wadhwani AI institute– chargée de se servir de l’intelligence artificielle pour améliorer le quotidien d’agriculteurs pauvres, de soignants situés en zone rurale ou encore d’enseignants qui travaillent dans des régions défavorisées.

Il s’agit de la première initiative de ce genre au monde, ont-ils affirmé.

Dotée de 30 millions de dollars sur dix ans, elle a noué un partenariat avec une université américaine en Californie, berceau de la Silicon Valley et des technologies, et elle compte bien collaborer avec les entreprises américaines du secteur.

« Notre priorité, c’est combien de dizaines de millions de vies nous pouvons améliorer dans les cinq à dix ans qui viennent », a expliqué Sunil Wadhwani à l’AFP.

L’intelligence artificielle (IA) pourrait par exemple aider les infirmières à poser des diagnostics, permettre aux agriculteurs d’optimiser les récoltes ou encore traduire les manuels scolaires.

« L’intelligence artificielle peut changer la donne », a-t-il poursuivi, mais « beaucoup de pays en développement sont mis sur la touche, tandis que les Etats-Unis et la Chine mènent le jeu ».

Mais l’IA fait peur, certains craignant qu’elle puisse supprimer des emplois ou que les machines prennent le contrôle des humains.

– IA partout –

« Elle peut potentiellement être utilisée à de mauvaises fins ou nous échapper complètement », a relevé P. Anandan, un ancien de chez Microsoft, à la tête de la fondation. Mais il a assuré qu’il était possible de faire le bien avec l’IA.

Les géants de la Silicon Valley ont énormément investi pour élaborer des logiciels aidant les machines à penser comme des humains, grâce à des capacités informatiques ultra-rapides et à des montagnes d’analyses de données.

Cette technologie a déjà de très nombreux usages: les assistants virtuels, la reconnaissance faciale ou encore la lutte contre les contenus litigieux sur internet. Elle est aussi au centre de la future voiture autonome, sur laquelle mise le secteur technologique tout comme l’industrie automobile.

Mais elle est plus rarement mise en oeuvre pour aider les plus pauvres ou pour protéger l’environnement, par exemple.

Hasard du calendrier, le lancement de la fondation des frères Wadhwani coïncide avec la publication cette semaine d’un rapport rédigé par des universitaires spécialisés dans l’intelligence artificielle, expliquant à quel point elle peut être utilisée à des fins malveillantes.

« Ces technologies ont beaucoup de débouchés qui peuvent être très bénéfiques (…) mais on a historiquement porté beaucoup moins d’attention aux façons dont l’intelligence artificielle peut être utilisée dans un but mauvais », relève l’étude signée de 26 experts de plusieurs institutions différentes, dont l’université d’Oxford ou l’institut de recherche OpenAI.

Le milliardaire Elon Musk, patron de Tesla (voitures électriques et partiellement autonomes) et de SpaceX (fusées), a contribué à la création d’OpenAI en 2015 dans le but de développer l’intelligence artificielle pour le bien des gens. Il s’est exprimé à plusieurs reprises sur les dangers de l’IA, dénonçant notamment les armes autonomes, ou « robots-tueurs ».

Microsoft, Amazon, Apple, Google, Facebook ou encore IBM font partie de l’organisation « Partnership on AI » qui veut, elle aussi, promouvoir une technologie « bénéficiant aux gens et à la société ».

Sunil Wadhwani, quant à lui, veut que sa fondation en Inde aille vite: il espère de premiers tests d’outils utilisant l’IA d’ici la fin de l’année.

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