Liberté de presse : Un nouveau front s’ouvre entre Somparé et les hommes des médias

En procédant à l’annonce, la semaine dernière lors de son passage devant les députés de l’Assemblée nationale, d’un projet de révision de la loi sur la liberté de presse, le ministre de l’Information et de la Communication ouvre un nouveau front aux médias.

Amara Somparé tente-t-il de remettre en cause les acquis obtenus au prix des sacrifices pour la liberté de presse en Guinée ?

Devant les députés, le ministre de l’Infirmation et de la Communication tente de justifier cette décision :

« C’est une Loi qui date de 2010 qui a été votée dans des conditions assez discutables et qui a aujourd’hui huit ans. Avec le recul de la pratique, on peut facilement constater qu’elle contient un certain nombre d’insuffisances qu’il faut faire évoluer », soutient-il.

Toutefois, précise Amara Somparé, qui temporise, « La dépénalisation des délits de presse ne sera jamais remise en cause, en tout cas par moi. Nous allons engager un processus de révision de la Loi. Il ne faut pas voir le mal partout, dès qu’on veut toucher une Loi on voit le mal derrière. Les lois vivent, elles doivent évoluer. C’est aussi simple que ça ».

En réaction à cette sortie du ministre Somparé, un responsable d’une association de presse a tenté de recadrer le débat sur cette question de révision de la loi sur la liberté de presse. Selon Iboun Conté, qui a écrit sur sa page facebook « La Loi 002/22/06/2010 sur la liberté de la presse et la Loi 003/22/06/2010 portant sur la Haute Autorité de la Communication sont les Lois organiques pour qu’elles fassent l’objet de révision il y a un préalable qui est loin d’être accessible pour ce Ministre, car il faut les 2/3 des députés que l’actuelle majorité n’a pas à l”Assemblée Nationale ! Le président de la République n’a pas besoin de tel ministre qui est loin d’avoir la maîtrise de tels enjeux et friand des effets d’annonces au moment où Reporters Sans Frontières a ouvert la consultation pour l’élaboration d’un nouveau rapport sur l’état de la Liberté de la presse dans le monde », regrette le Président de l’Association Guinéenne des Éditeurs et Presse Indépendants (AGEPI).

C’est sans doute un nouveau front qui s’offre entre le ministre Somparé et les hommes des médias.

Abdoul Wahab Barry, www.kababachir.com

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