Les super-riches pourront bientôt séjourner dans l’espace

La société américaine Axiom Space veut offrir des séjours touristiques dans le cosmos d’ici 2020. Elle veut proposer des voyages de sept à dix jours dans la Station spatiale internationale (ISS). Pour s’offrir un tel séjour, ses clients devront payer 55 millions de dollars (environ 47,4 millions d’euros).

Axiom Space espère pouvoir connecter ses propres compartiments à la station spatiale internationale d’ici 4 ans. Axiom Space est dirigée par Michael Suffredini, l’ancien directeur du programme de la Station Spatiale Internationale (ISS) de la Nasa.

La Station Spatiale Internationale au cœur du projet

Mais même si Axiom envisage de proposer des séjours dans la Station spatiale internationale dans un premier temps, son objectif ultime est de posséder sa propre station spatiale. L’ISS servira ainsi de base pour développer son propre “biotope”. Lorsque la mission l’ISS prendra fin en 2024, Axiom compte y développer son propre complexe touristique, et poursuivre son exploitation en tant qu’entité distincte.

Outre les touristes, l’entreprise espère pouvoir attirer les chercheurs et les scientifiques. L’hôtel spatial Axiom pourra accueillir huit personnes, dont un astronaute professionnel. Le module d’habitation de ce nouveau complexe a été imaginé par le designer français Philippe Starck. Avant leur départ, les candidats au voyage spatial bénéficieront d’une formation de 15 semaines chez Axiom.

Axiom devrait collaborer avec des entreprises telles que Spacex et Boeing pour envoyer les touristes dans l’espace. Ces entreprises ont déjà conçu les taxis spatiaux de la NASA. « Le voyage inaugural ne coûtera que de 50 millions de dollars. C’est une bonne affaire ! L’essentiel des coûts vient du vol pour y aller et en revenir, admet Suffredini, expliquant que les voyages en fusée sont extrêmement coûteux. Michael Suffredini a débauché plusieurs anciens employés de la Nasa pour mettre en oeuvre ce projet, y compris les anciens astronautes Brent Jett et Michael Lopez-Alegria.

Des conditions de séjour particulières

Pendant le voyage, les touristes devront porter une combinaison spatiale. Axiom serait quant à elle en pourparlers avec des designers européens pour la conception d’une tenue pouvant être portée à bord de l’hôtel. Suffredini ambitionne d’offrir une expérience luxueuse, sans rapport avec les conditions de vie spartiates imposées aux astronautes qui résident actuellement dans l’ISS.

Du vin et des cocktails seront servis à bord de la station spatiale. En revanche, les bières et autres boissons gazeuses seront exclues. En raison de l’absence de gravité, elles pourraient provoquer l’inconfort digestif des passagers. Un certain nombre d’entreprises auraient déjà exprimé leur intérêt, car la station spatiale pourrait leur offrir l’opportunité d’étudier comment leurs produits devraient être adaptés à un environnement dans le cosmos.

Bien plus qu’une « chouette expérience »

Il y a seize ans, l’Américain Dennis Tito est devenu le premier touriste spatial de l’histoire, lorsqu’il a embarqué à bord d’une fusée russe pour effectuer un voyage spatial. L’engouement pour le tourisme spatial n’a fait que croître depuis.

Orion Span, une autre firme aérospatiale américaine, veut ouvrir un hôtel spatial de luxe dans quatre ans, promettant des séjours de 12 jours à 9,5 millions de dollars (environ 8,2 millions d’euros) le billet. Virgin Galactic de Richard Branson veut lancer les premiers vols commerciaux réglementés dans l’espace. Mais Suffredini ne les voit guère comme des concurrents.

“Les gars qui font Blue Origin [un projet de Jeff Bezos, le CEO d’Amazon, ndlr], et Virgin Galactic vont au bord de l’espace – ils ne vont pas en orbite”, dit-il. « Ce qu’ils font est une chouette expérience. Cela vous donne environ 15 minutes de microgravité et vous voyez la courbure de la terre, mais vous n’obtenez pas la même expérience que celle que vous obtenez en regardant la Terre d’en haut, et en passant du temps à réfléchir, à contempler”.

Les critiques notent que le projet de Suffredini pourrait être confronté à une forte concurrence. Ils citent NanoRacks, une firme qui veut proposer des “postes avancés dans l’espace”, en récupérant des segments de fusées recyclées pour en faire des hébergements. De même, Bigelow Aerospace envisage de construire des stations spatiales gonflables pour les placer en orbite.

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