Le Royaume-Uni annonce une taxe visant les géants du web

L’exécutif britannique a annoncé lundi 29 octobre, à l’occasion de la présentation de son budget annuel, l’instauration d’ici à 2020 d’une taxe sur le chiffre d’affaires des Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon) réalisé au Royaume-Uni. Il pourrait devenir l’un des premiers pays à taxer les géants du web.

De notre correspondante à Londres,

Au Royaume-Uni, l’annonce de cette taxe a beaucoup surpris. D’une part parce que Philip Hammond, le ministre des Finances britanniques, n’est pas connu pour donner des coups de pied dans la fourmilière. Une taxe de ce genre, qui risque de déplaire aux entreprises et surtout aux GAFA, paraît surprenante de la part d’un conservateur pro-business comme Hammond.

D’autre part, elle surprend parce qu’elle est relativement inconséquente. Seules les entreprises générant plus de 560 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel seront taxées à hauteur de 2% sur leur chiffre d’affaires généré par les utilisateurs britanniques. Selon les estimations préliminaires, cela devrait représenter à peu près une trentaine d’entreprises.

400 millions de livres par an

Le gouvernement espère en tirer au moins 400 millions de livres, soit 450 millions d’euros par an, d’ici 2022. Dans le cas de Google par exemple, le moteur de recherche a réalisé près de 7 milliards d’euros de revenus au Royaume-Uni en 2016 sur un total mondial de 80 milliards d’euros. La société a cessé de déclarer son chiffre d’affaires spécifique au Royaume-Uni en 2017, mais selon les estimations de 2016, la taxe en question pourrait donc coûter plus de 137 millions d’euros.

Cela dit, on ne sait pas exactement sur quels revenus elle sera calculée. Est-ce que cela s’appliquera à la publicité en ligne, à l’intermédiation par plateformes numériques et aux revenus générés par la vente de données ? Cela, on ne le sait pas encore.

Une idée européenne

L’UE avait déjà envisagé une taxe similaire, mais le ministre britannique trouvait que cela n’allait pas assez vite. Venant de Philip Hammond, cela semble, une fois de plus, assez étrange. Mais le Royaume-Uni a tenu à devancer les efforts européens. Une motion est actuellement en débat au Parlement européen.

C’est le ministre français de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire qui a plaidé le mois dernier l’idée d’une taxe similaire. Elle sera présentée devant la Commission européenne en mars prochain et serait un peu plus généreuse puisqu’elle envisage une taxe de 3% du chiffre d’affaires européen des GAFA au-dessus d’un seuil établi à 50 millions d’euros de recettes annuelles. Cela concernerait donc près de 200 entreprises et rapporterait près de 5 milliards d’euros de recettes à l’UE.

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