« …le poids des traditions qui ne sont pas en faveur du développement de la femme… » (Kadija Bah)

 Souriante, silhouette longiligne et élégante, Kadija Bah est une figure distinctive de l’engagement féminin dans notre pays. A la tête des Blue Zone depuis plusieurs années maintenant, comme dans sa vie privée, celle qui se définit également comme une artiste, n’hésite pas à donner de sa personne pour la promotion de la jeune fille et de la Femme. A l’occasion de ce numéro du BDG, nous sommes allés à sa rencontre…

Madame Kadija Bah, vous êtes la Directrice d’exploitation des Blue zones de Conakry depuis quatre ans ; Quel a été auparavant votre parcours professionnel ?

Mon parcours professionnel est une somme d’expériences entre la Guinée, la France et le Canada. Pour faire court, je commence par mon retour en Guinée en 2011. Je me suis d’abord remise à l’entreprenariat en relançant mes activités dans le domaine culturel et la communication. C’est à cette époque que j’avais commencé mon émission télévisée : le Kadija Show. En 2013, j’ai été recrutée par le Groupe Bolloré comme Responsable de Communication et de Développement durable jusqu’en 2014 où j’ai contribué à la création des blue zones dont je suis devenue la Directrice d’exploitation.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous avez été confrontées au cours de votre parcours ?

Vous savez, les difficultés sont les mêmes partout ; il faut une période d’adaptation. Il m’a fallu du temps pour m’adapter au pays que je croyais connaitre, mais qui avait beaucoup changé en 10 ans.

Quand, j’ai intégré le groupe Bolloré, c’était pour moi un tremplin d’une année, avant de retourner à l’entreprenariat. Disons que j’ai eu beaucoup de chance de travailler avec un Directeur à l’époque qui m’avait permis de montrer mes compétences. Et cinq ans après, je suis toujours chez Bolloré.

Que représente pour vous, la célébration du 8 mars et quelle place occupent les femmes guinéennes de nos jours ?

Pour moi le 8 mars est l’occasion de rappeler aux femmes les combats qui ont été menés pour la défense de leurs droits et les incitations à continuer à se battre pour non seulement préserver les acquis, mais aussi gagner de nouveaux combats afin d’éliminer à jamais les discriminations liées au sexe.

Pour moi la place qu’occupe la femme dans la société guinéenne est loin d’être satisfaisante.

Beaucoup d’efforts ont été fournis pour améliorer la place de la femme dans nos sociétés, mais le plus dur reste à faire : le changement des mentalités. Nous avons encore le poids des traditions qui ne sont pas en faveur du développement de la femme. Et il y a même des textes de loi, qui violent clairement les droits des femmes, sans compter les violences qui leur sont faites quotidiennement.

Pour terminer Madame, quels seraient les leviers d’actions, et vos pistes de solution pour améliorer le niveau de représentativité des femmes à tous les niveaux, leur permettant d’accéder à davantage de postes de responsabilités ?

La contribution égalitaire des femmes et des hommes dans toutes les sphères de l’activité humaine est un préalable de la société démocratique. Nous devons donc intégrer la dimension du genre dans toutes les activités, politique, sociale, économique, culturelle etc., pour une participation équilibrée des femmes et des hommes à la prise de décision.

Dans l’immédiat il faut poser des actes significatifs :

– Mettre en place des systèmes de quotas pour favoriser la représentativité des femmes au sein des instances décisionnelles et ce dans tous les secteurs publics et privés.

– Promouvoir l’accès des femmes à la politique en respectant la parité.

– Faire de la discrimination positive ; à compétences égales, favoriser les femmes.

– Donner des postes de responsabilités aux femmes dans des secteurs dits d’hommes ; on a aujourd’hui une femme ministre de l’économie, pourquoi pas une femme premier ministre ?

– Donner des formations spécifiques pour sensibiliser les femmes et les hommes sur les ségrégations liées au genre.

Et pour le long terme, investir dans l’éducation de la petite fille ; combattre les stéréotypes dès l’enfance, en donnant aux petites filles les mêmes chances qu’aux petits garçons.

Je vous remercie.

 Pour consulter et télécharger ce nouveau numéro, merci de cliquer ici.

La Cellule de Communication du Gouvernement

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