Le mémo des opposants introduit : la balle dans le camp de Kassory

«Lundi, nous allons lui déposer (NDLR, le Premier ministre) le mémorandum pour faire le point de la situation en lui expliquant la genèse des crises et les solutions susceptibles de maintenir ce climat de paix. » comme promis, il y a environ une semaine, Dalein Diallo et les siens ont introduit, ce lundi après-midi, chez le Premier ministre le mémo.

Après tout, rappelait le chef de file de l’opposition républicaine, « Nous ne voulons pas les manifestations aussi, ce n’est pas notre premier choix. » Mais, précise-t-il, « Nous ne renoncerons pas à nos droits de manifester. » Ce lundi donc, une délégation composée de trois députés et responsables de l’UFDG ont été reçus par Kassory Fofana. Dalein et les siens ont donc joué accédé à une sollicitude de Don Kass. La balle est désormais dans le camp du nouveau locataire du palais de la Colombe.

Seule question qui revient sur toutes les lèvres c’est celle de savoir comment Kassory Fofana traitera les réclamations des opposants, là où bien d’autres ont échoué ou évité pour ne pas y laisser leurs plumes. Depuis le lendemain même des élections du 4 février, Dalein a commencé à mettre la pression pour avoir les vrais résultats. Pour y arriver il lançait à ses militants: « Restez mobilisés. Nous avons été un grand parti républicain. Nous avons préparé des recours documentés avec des preuves irréfutables, que nous avons déposés dans les tribunaux, tout en sachant que ces tribunaux pourraient être manipulés. On ne s’était pas trompés. Les tribunaux ont été complices de ce hold-up électoral auquel s’est livré le pouvoir, avec la complicité des CACV. C’est un vol, mais il faut que ça cesse. On ne peut pas continuer. Nous avons utilisé tous les recours légaux. On n’a pas été entendus. Il nous reste un recours : c’est la rue. On usera de la rue. Vous le savez déjà, tout ce qu’on a obtenu de ce pouvoir, que ce soit les élections législatives ou les élections locales, c’est par la rue qu’on l’a obtenu. Avec Alpha Condé il n’y a pas d’autres voies. »Dalein tient quand même à respecter et à faire respecter les lois : « Nous userons de tous les moyens légaux pour mettre fin à la fraude électorale dans notre pays ; sinon, notre combat n’aura pas de sens. »

Le pouvoir de Conakry est averti. C’est pourquoi d’ailleurs, le chef de file de l’opposition s’est … vite réjouie : « Si le président Alpha Condé a eu la sagesse de demander à la CENI d’écouter l’opposition et s’ils ont des griefs, des pièces à conviction qui mettent en évidence le bien-fondé de leurs revendications d’en tenir compte. Je pense que c’est une sage décision. » Le leader de l’opposition républicaine use ainsi de toutes les stratégies pour contourner la sentinelle de Me Cheick Sakho et du RPG : revoir les résultats par un recompte de voix. Le reste, on verra, comme le dit Etienne Soropogui. Le Garde des Sceaux est sans appel: « La décision du magistrat est définitive. C’est la loi qui le dit. La CENI ne peut pas modifier les résultats. » L’examen du contentieux est donc pendant. On attend bien de voir comment Don Kass dénouera la crise, pendant que les opposants menacent de manifester juste après le ramadan.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

 

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