Le diabète de type 2 sur la voie de la rémission

Réveiller les cellules du pancréas productrices d’insuline grâce à un régime strict ou en faisant travailler certains muscles : ces deux nouvelles approches viennent de démontrer leur efficacité pour soigner enfin cette affection chronique.

Personne n’aurait osé l’espérer il y a encore dix ans. Pourtant, maintenir dans le temps, sans injections d’insuline ni aucun autre traitement, une bonne régulation de la glycémie chez les patients atteints de diabète est aujourd’hui un objectif atteignable. Autrement dit, “faire entrer le diabète de type 2 en rémission” et “retourner à un état non diabétique, sans médicaments antidiabétiques ou antihypertenseurs”, selon l’essai clinique mené par le Pr Roy Taylor et son équipe de l’université de Newcastle (Royaume-Uni) dont les conclusions ont été publiées dans la prestigieuse revue The Lancet en juillet dernier. Des résultats qui changent la donne dans le traitement de cette maladie chronique qui touche au moins 3,5 millions de personnes en France. 150 participants diagnostiqués depuis moins de six ans ont ainsi été soumis au “protocole de Newcastle”, un traitement de choc consistant à perdre 15 kg en trois à cinq mois, grâce à un régime limité à environ 840 kcal/jour. Soit presque trois fois moins que l’apport calorique “normal”. Un an après leur retour à un régime alimentaire équilibré, 90 % de ceux qui avaient réussi à perdre 15 kg étaient en rémission, et 50 % pour l’ensemble : leur glycémie était à nouveau autorégulée, sans aucun traitement.

Des cellules en hibernation à nouveau stimulées

Le mécanisme en jeu a été percé à jour par les spécialistes. Plus efficace que le régime strict habituellement suivi par les malades, le protocole de Newcastle – très peu calorique – déclenche en fait des signaux d’alerte dans l’organisme pour stimuler des cellules particulières situées dans le pancréas (cellules bêta), sécrétant l’insuline. Or, en raison de facteurs d’hérédité ou d’une alimentation trop riche, ces cellules ne sont normalement plus en mesure de produire cette hormone dans le pancréas des diabétiques de type 2 car elles sont épuisées, voire détruites. “Mais Roy Taylor a découvert que nombre de cellules bêta qu’on pensait mortes ne l’étaient pas ! Elles étaient en fait comme en hibernation”, explique le Dr Karim Bouzakri, directeur de recherche au Centre européen d’étude du diabète (CEED), à Strasbourg. Résultat : les signaux de détresse provoqués dans l’organisme par la période de carence profonde finissent par les réveiller. “Ils indiquent en effet au pancréas que l’organisme n’est plus en situation hyperglucidique et calorique : ces cellules, jusqu’alors en dormance, peuvent à nouveau fournir de l’insuline.” Selon les données de l’étude, plus le diabète est récent plus le patient a de chances de répondre positivement. “Le message est clair : cette nouvelle approche par la perte de poids devrait être conseillée pour tous les patients, en particulier au moment du diagnostic”, affirme Roy Taylor.

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