Le Balai Citoyen ne reconnaitra pas la légalité des députés dont le mandat a été prorogé

Après l’arrêt de la Cour Constitutionnelle et le décret présidentiel prorogeant le mandat des députés, qui expire ce 13 janvier 2019, la Guinée entre dans une nouvelle crise politique et institutionnelle.

 De l’avis de nombreux observateurs de la scène politique nationale, l’opposition ne devrait pas accepter de siéger dans cette Assemblée nationale dont le mandat a été prorogé. Mais pour d’autres, la politique de la chaise vide aura des conséquences graves pour le pays. Laisser le RPG-Arc-en-ciel seul avec certains partis alliés, et ceux qui se réclament être du centre serait suicidaire pour les opposants. Pour l’instant, l’opposition républicaine ne s’est pas encore décidée. L’UFDG de Cellou Dalein Diallo, la principale formation politique de l’opposition, qui dispose des 37 députés sur les 114, compte consulter sa base avant de décider.

 De son côté, la Cellule Balai Citoyen, une plateforme de la Société civile guinéenne, annonce qu’elle ne reconnaitra pas la légalité et la légitimité des députés.

« La Cellule Balai Citoyen s’engage à ne plus reconnaitre la légalité et la légitimité des députés de l’Assemblée Nationale à partir du 13 janvier 2019 et voit ses doutes se renforcer davantage sur les démarches obscures de la Cour Constitutionnelle face à de tels agissements qui méprisent les lois de la République sur son dernier avis à la requête du Président de la République. »

Justifiant cette décision, la Cellule Balai Citoyen rappelle que l’article 60 de la constitution a été clair en stipulant que : « les députés sont élus au suffrage universel pour une durée de cinq ans et l’exception ne pourrait intervenir dans ce domaine qu’en cas de  dissolution… » Ce qui en principe mettait fin au mandat des députés le 12 janvier 2019.

Face au danger que ces mesures peuvent représenter pour la Paix et la Stabilité Sociale, le Balai Citoyen appelle les autorités au plus haut niveau à prendre toutes les dispositions nécessaires pour le respect et l’application pure et simple  des prévisions juridiques Constitutionnelle et électorale dans leur effectivité et met en garde contre les conséquences de violations répétées des lois de la République.

Pendant ce temps, la recomposition de la nouvelle CENI, qui devrait organiser les élections législatives, peine être effective, en raison de la divergence des acteurs politiques de l’opposition, sur la clé de répartition des 7  de ses représentants.

 Alors que l’installation des nouveaux n’est toujours pas terminée, près d’une année après le scrutin communal du 04 février, l’on se demande quelle va être la conséquence de l’absence d’une Assemblée nationale, où le Président de la République est le seul maître à bord.

Abdoul Wahab Barry, www.kababachir.com

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