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Labé : une marche ‘’pacifique’’ réprimée par les forces de l’ordre

Labé : une marche ‘’pacifique’’ réprimée  par les forces de l’ordre

La marche pacifique  appelée par la fédération  de l’union des forces démocratiques de Guinée (ufdg)   ce lundi pour dénoncer  des mutations   ce qu’elle qualifie ‘’ de politique ‘’ a  été réprimée par les forces de l’ordre.

Honorable Mamadou Cellou Baldé, deputé uninominal UFDG  de Labé présent  à la marche a  dénoncé  une  agression  des  forces  de  l’ordre : « ce matin nous avons constaté qu’il y a un impressionnant dispositif de sécurité  au niveau du rond-point de la banque centrale . L’honorable Madame Mariama Tata Bah et moi-même, on s’est déplacé pour aller rencontrer  le préfet et  lui dire que depuis (1) heure la marche a démarré, il n’y a pas eu de jets de pierre ni de violence, mais cet impressionnant dispositif de sécurité risque  de chambouler le caractère pacifique de la marche. Ils ont promu d’enlever le dispositif ».  

Et de poursuivre : « Nous leur avons dit de sécuriser les édifices publics qui sont l’IRE (inspection régionale de l’éducation) et la DPE (direction préfectorale de l’éducation) c’est dans  leurs prérogatives, mais la voie publique  où les gens ont dit qu’ils vont tenir leur sit-in de la laisser libre.  La marche était pacifique jusqu’au niveau du cordon  de sécurité, ils ont lancé de gaz lacrymogène et les jeunes ont lancé à leur tour des cailloux.  Aujourd’hui, nous sommes convenus que dans la préfecture et la région de Labé c’est Mory Sangaré qui dicte ce qui se passe ». Regrette-il.



 Le préfet de Labé, Cdt Mamadou Lamarana Diallo  déplore  les incidents enregistrés et précise ce qui serait la pomme de discorde : « ce qui s’est passé devant le bloc administratif c’est vraiment regrettable. Nous avons décidé, nous aussi de protéger les édifices publics. Vers  11 heures , les deux (2) députés sont venus me voir , pour m’informer qu’ils ont  vu , les services de sécurité  au carrefour qui fait face à la préfecture , qu’ils nous demandent de dire aux forces de l’ordre de quitter . Ils vont aller faire leur  sit-in  devant la direction préfectorale de l’éducation et l’IRE.  Je leur ai dit non, cela n’est pas possible ».  



Honorable Madame Mariama Tata Bah révèle : « Le garde du corps de préfet a pris son arme, les gens m’ont dit de courir je leur ai répondu que je ne vais nulle part. Ensuite il a tiré, s’il y a eu quelqu’un qui a été atteint par une balle, je ne dirai pas que c’est l’escadron mobile mais c’est l’aide de camp du préfet. Il  était  la seule personne qui possédait une arme et qui  a tiré».

Interrogé sur la question, le préfet répond : « La mission des gardes du corps, c’est d’assurer la sécurité du préfet et de sa famille.  Je ne sais pas  ce qui s’est  passé  au dehors  j’étais dans mon bureau. Si les gardes du corps n’avaient effectué des tirs de sommation, ils allaient rentrer dans nos bureaux.  Je reconnais qu’ils ont tiré ».

 

Les jeunes protestataires ont érigé des barricades et brulé  de pneus  sur certains  grands carrefours  de la commune urbaine de Labé.  Jets de pierre et gaz lacrymogène ont raisonné durant  les heurts qui ont fait plus de 20 blessés côté manifestant  dont un par bal.  Le cinquantenaire a été touché sur le pied droit.

Dans l’après-midi, des forces de l’ordre  ont été  atteints par des pierres lancées par les  jeunes frondeurs en réponse aux gaz lacrymogènes. Selon une source qui a requis l’anonymat, le bilan des services serait au nombre de  vingt-cinq (25).

Pendant la protestation,  le véhicule de la Croix Rouge a  été atteint par un projectile   et un humanitaire touché  au niveau de l’œil. (Sur image).



‘’Vous avez allumé le feu, vous allez l’éteindre ‘’

Dans la soirée, la fédération UFDG de Labé a  fait  un communiqué radio diffusé, dans lequel on peut lire : « la fédération UFDG de Labé  fidèle au respect  des valeurs  (…) des droits humains, condamne avec la dernière énergie  la répression barbare par les forces de l’ordre  de la marche pacifique organisée ce matin pour protester contre les mutations politiques et arbitraires des cadres issus des rangs de l’opposition (…).  Vous avez allumé le feu, vous allez l’éteindre. La fédération informe l’ensemble de ses militants, militantes et sympathisants et tous les citoyens épris de paix, de justice et de liberté que les manifestations vont continuer encore demain et cela jusqu’au départ de Mory Sangaré et de Mamady Magassouba ».

Sally Bilaly Sow, correspondant www.kababachir.com à Labé

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