Labé : les forces de l’ordre répriment les syndicalistes

La journée du mercredi 25 juillet 2018 a été mouvementée à Labé. Des jeunes protestataires réclamant le retour du prix du carburant à la pompe à 8000 francs guinéens ont été réprimés  à coup de grenades lacrymogènes par les forces de l’ordre qui ont par la suite assiégé le QG des syndicalistes se trouvant dans l’enceinte du lycée Hoggo M’Bouro faisant des dégâts matériels importants et de nombreux blessés légers.  Pneus brulées sur la chaussée, gaz lacrymogènes contre jeu de pierres, voilà comment se présentait une partie de la Commune Urbaine de Labé. En début de matinée, les syndicalistes ayant appris l’ouverture du marché central ont exigé aux commerçants de fermer leurs commerces. Chose faite avec des résistances par endroit. Quelques minutes plus tard, plusieurs artères qui mènent au centre-ville sont barricadés et la CMIS riposte avec des grenades lacrymogènes jusqu’à atteindre le QG de l’inter centrale.

Un peu plus tard, la CMIS replie et l’escadron mobile investit les lieux. Le commandant de l’unité a, dans un premier temps, tenté de dialoguer avec les jeunes protestataires qui ont accepté de déposer les pierres mais refusent de debarricader les routes. Après le départ des gendarmes, les manifestants visiblement décidés exultent.  Aux environs de 17 heures, à la surprise générale de tous, les forces de l’ordre réinvestissent le rond-point Hoggo M’Bouro et quadrillent le lycée Hoggo M’Bouro. Cette fois-ci, la gendarmerie pourchasse et réprime sans ménagement  les syndiqués qui étaient en conclave dans leur QG. Les véhicules stationnés dans l’enceinte, au moins sept, sont vandalisés  et  des motos emportées par les agents de l’escadron mobile. C’est la consternation et la désolation chez les acteurs du mouvement social.

A quelques mètres du portail d’entrée du lycée, la croix rouge administrait des soins primaires à plusieurs blessés légers. Jusqu’à la tombée de la nuit, les jeunes protestataires d’un côté décidés à se venger et de l’autre côté, les forces de l’ordre qui tiennent à maintenir l’ordre public se regardaient en chien de faïence.

Sally Bilaly Sow, correspondant Kabanews

 

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