Interview de Monsieur Uche S. Ejims, Ambassador CCML

« On se bat pour résoudre le problème de chômage, pour que les jeunes restent en Afrique…!»

En Guinée dans le cadre de Conakry Capitale Mondiale du Livre où il a été nommé Ambassadeur, Uche Ejims a accepté de prendre langue avec votre site, quelles heures après sa conférence de presse tenue, le 8 juin dernier, au Centre Culturel « Petit Musée » de la Minière. Dans cet entretien, Ejims déballe tout ce qu’il compte faire pour aider les entrepreneurs guinéens à avancer. Lisez plutôt !
factuguinee.com : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Uche EJims : Oui ! Je suis Uche Seydina Ejims, Ambassadeur Conakry Capitale Mondiale du Livre. Je suis aussi le représentant du GIFA d’OR Paris ici en Guinée. J’ai eu mon diplôme en stratégie de communication en France, Sorbonne 3. Je suis originaire du Nigéria.
Si on comprend bien, vous êtes en Guinée dans le cadre de Conakry Capitale Mondiale du Livre. Cet évènement a pris fin. Est-ce qu’on peut dire que les objectifs des initiateurs sont atteints ?
Oui ! Pour certains. Non ! Pour d’autres. Parce qu’on ne peut satisfaire tout le monde à la fois. Vous savez, c’est la loi de la nature. Il y en a qui sont mécontents pendant que d’autres sont ravis. Ce qui est sûr, beaucoup sont ravis de tout ce qu’on a fait par rapport à Conakry Capitale Mondiale du Livre. C’est vrai que ce n’est pas assez pour atteindre tous les objectifs.
Qu’est-ce que vous avez fait concrètement ?
Moi-même, j’ai monté un point de lecture des langues africaines étrangères qui va être inauguré bientôt à Hafia2, à la Maison des Jeunes. Par ailleurs, je suis entrain d’installer aussi un centre de formation prioritaire pour les femmes à Matoto. Donc, il faut aller plus loin. Pas simplement de lire, mais c’est une sorte d’apprentissage de métiers. Ce centre qui va être installé au Centre Professionnel de Matoto, où il y aura bien sûr une bibliothèque, va s’appeler centre «Professeur Alpha Condé ». Quand les hommes sont vivants, il faut leur prouver qu’on les aime. Il ne faut attendre qu’ils ne soient plus là pour leur témoigner notre affection. C’est maintenant qu’il faut leur rendre hommage !
Qu’est-ce qui reste donc à faire pour combler le vide ?
Il s’agit pour les gens de s’accaparer de tous ces engouements. J’allais dire, l’énergie que CCML a suscitée. En tout cas, la ligne droite a été tracée et nous les Ambassadeurs avons suivi. Il faut que des gens s’accaparent de tout ça pour que Conakry soit toujours capitale du livre.
Qu’est-ce qu’on peut retenir, sinon peut-on dire que le business meeting que vous entendez organiser en juin prochain à Paris est l’une des conséquences de Conakry Capitale du Livre ?
Bien sûr qu’avec CCML (entendez Conakry Capitale Mondiale du Livre), sont engendrés beaucoup de projets. Evidemment, quand on vous donne la canne à pêche, c’est à vous de pêcher de gros poissons. N’est-ce pas ? On ne vous dit pas de pêcher ‘’Koinkoués’’ ou d’autres petits… (rires), poissons. On dit bien de gros poissons. Qui veut dire qu’on enchaine CCML avec des projets d’éducation, de développement, d’agriculture, de formation professionnelle. C’est pour cela que le GIFA nous a appelés pour dire : « Allez présenter des projets d’avenir en Guinée et valoriser ceux qui travaillent, ceux qui font rayonner le pays. Pour qu’ils sachent qu’ils sont importants dans la société ». Parce que si les enfants ne sont pas valorisés, ils vont mal travailler à l’école. On se bat pour résoudre le problème de chômage, pour que les jeunes restent en Afrique. Il y a donc beaucoup de choses que nous les aînés nous devons faire. Chacun doit apporter sa pierre à l’édifice à sa manière.
Après Paris cette année, on peut s’attendre à quel autre pays pour ce business meeting ?
Après Paris, on revient à Conakry. C’est pour aller cette fois-ci dans les coins reculés, dans les provinces des 4 régions naturelles du pays. Il faut aller déceler, découvrir des entrepreneurs, des agriculteurs qui travaillent. Il faut les accompagner, il faut leur trouver des partenaires étrangers pour les financer. C’est pour cela que nous nous battons.
On parle de GIFA LEPFIA International et GIFA d’OR. Quelle est la différence ?
LE GIFA D’OR, c’est le Groupement des Femmes Africaines pour la Diaspora. LEPFIA, c’est la Conférence annuelle. C’est la soirée de remises de prix. Tous les pays brillent, tout le monde est présent, les Camerounais, les Sénégalais, les Ivoiriens sont là cette année. Moi, j’accompagne les Guinéens. C’est là où on va signer des accords avec des partenaires pour évoluer. C’est pour l’intérêt de l’Afrique.
En quoi cette 5 è édition sera différente des autres déjà organisées ?
C’est différent, parce que c’est juste après Capitale Mondiale du Livre ! C’est différent parce qu’il y a d’autres entreprises qui sont détectées qui viennent de la Guinée. C’est différent parce que c’est la Guinée du terroir qui arrive. C’est la promotion des produits guinéens. En plus, la Guinée est en première ligne. D’habitude ce sont des Camerounais, des Congolais, disons, les Centraux.
Est-ce la première participation de la Guinée ?
Non ! Ce n’est pas la première fois que je mets le nom de la Guinée. J’ai mis deux ou trois fois. Mais cette année, ça va prendre plus d’ampleur.
On dit que le GIFA est une véritable vitrine de la promotion de l’entreprenariat. Au fond, quels sont les critères de sélection ?
Les critères de choix, comme j’ai eu à le dire à la conférence de presse, c’est par cooptation. En effet, quand on fait nos enquêtes, on demande qui sont les meneurs de jeu ? On dit que c’est tel ou tel. On approche la personne, on voit que la personne travaille bien. On le choisit.
Vous êtes Ambassadeur CCML. Concrètement, en quoi consiste votre rôle ?
Oui ! J’ai été nommé Ambassadeur Conakry Capitale Mondiale du Livre, pour faire le lobbying, pour attirer les Anglophones. Moi, je suis Anglophone. J’ai appris à travailler avec les Guinéens. Je peux travailler avec n’importe qui en Afrique. J’ai été nommé pour attirer les investisseurs en Guinée. Notamment le Nigéria qui représente dans le continent un poids non négligeable. Et laissez-moi vous dire qu’une partie de Sokotoro au Nigéria vient de la Guinée, précisément à Timbo (Mamou). Nous avons donc un lien fraternel. Tout ce que la Guinée demande au Nigéria, le Nigéria court pour le faire. Voilà que j’emmène un groupe pour recevoir un prix et faire la promotion des produits du terroir. Pour dire, consommons désormais les produits africains. Plus loin, c’est de faire le lobbying pour que Conakry reste la Capitale Mondiale du Livre. Ça va se faire à partir d’Avril 2019. C’est dire que Conakry va se transformer en Capitale Africaine du Livre.
Avez-vous un dernier message ?
Je demande à tous de tisser le lien et faire de la rigueur, la fiabilité. Il ne faut pas courir à la facilité. Rien n’est facile dans la vie. Il ne faut pas tricher. Il faut rester droit. C’est le panafricanisme qui prévaut. Ne pas dire je suis de tel ou tel pays. Non ! Noir, c’est Noir. J’encourage les femmes, les hommes à travailler, travailler et travailler. Merci beaucoup !

Interview réalisée par Bamba Bakary Gamalo 
LE BAOBAB, partenaire de Factuguinée.com
Tel : +224 628 12 80 76/ Email : gamabouba@yahoo.fr

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