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INSECURITE A MAMOU : réveil tardif de l’Etat

INSECURITE A MAMOU : réveil tardif de l’Etat

En Guinée, plus d’un citoyen reste convaincu que la prégnance de l’insécurité résulte du peu d’efficacité des services de sécurité ou du manque de volonté des autorités à prendre la problématique en charge. Il y en a même qui soupçonnent des complicités incestueuses entre les services de sécurité et les malfrats. Si ces accointances restent à prouver par contre la prompte réactivité des autorités suite aux dernières attaques des coupeurs de route à Mamou laisse croire que le problème n’est pas toujours appréhendé avec célérité.

C’est dans la nuit du 12 au 13 novembre dernier qu’un véhicule en provenance de Faranah s’est fait attaquer à cinq kilomètres de Mamou centre par des coupeurs de route. Les assaillants, eux-mêmes véhiculés et armés, ont pourchassé le véhicule sur une certaine distance avant de contraindre le chauffeur à se garer après avoir tiré sur les pneus. Mais ce qui, au-delà de l’attaque elle-même, a surtout ému l’opinion publique, c’est le fait que les malfrats, reprochant au chauffeur d’avoir voulu leur échapper, l’aient littéralement exécuté en logeant le contenu d’un chargeur dans son corps. Pour tout le monde, c’était là l’audace et la cruauté de trop. Les médias classiques et les réseaux sociaux ramant dans le même sens, l’événement a pris l’ampleur d’un drame national, avec des critiques acerbes contre le régime sur son bilan sécuritaire.

Curieusement depuis ces critiques, les services de sécurité en général et la gendarmerie en particulier, essaient d’organiser la riposte. Des renforts sont ainsi acheminés à Mamou et des suspects sont arrêtés. Conséquence, le coin serait subitement redevenu plus fréquentable. Le réveil est peut-être salutaire. Mais on ne peut s’empêcher de déplorer son caractère tardif. Pourquoi attendre que les crimes soient perpétrés et que, de surcroît, l’opinion publique réagisse pour agir ? La sécurité des personnes et des biens n’est-elle pas un droit que l’Etat s’est engagé à garantir ? C’est si révoltant qu’on réalise que l’insécurité est du fait d’une certaine négligence.  Autrement, les moyens sont à disposition. Les compétences aussi. Mais personne ne se sent obliger d’agir naturellement. Et malheureusement il n’y a aucune sanction quand les manquements sont constatés. Or, ce n’est pas avec les actions d’éclat ou sporadiques que l’on résout un problème aussi structurel.

Anna Diakité, www.kababachir.com

 

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