Indiscipline budgétaire : les incohérences du ministre du Budget

Les 40% des enseignants continuent de faire des vagues, faute de politique d’anticipation du gouvernement. De quoi plonger pour sa part, le ministre du Budget dans une incohérence sans nom.

«C’est une solution qui nous pousse à aller au-delà de nos limites financières. Nous allons devoir faire des coupes dans les budgets des différents secteurs, de la Présidence jusqu’à tous les départements ministériels», avait déclaré Mohamed Lamine Doumbouya, allant jusqu’à envisager d’autres coupes qui pourraient « entraîner des coupures d’électricité par-ci ou par-là. Et puis cela peut nous pousser aussi à revoir le prix du carburant.»

Ce discours ne semble plus être à l’ordre du jour, au risque d’anticiper le départ d’Alpha Condé sous le fait des mouvements sociaux. Et du coup, le ministre est contraint de rester incohérent : « Je peux comprendre que les uns et les autres veuillent proposer des solutions mais celles-ci doivent être durables, et non ponctuelles ou à la va vite. Un salaire est à prévoir sur une longue période, c’est-à-dire jusqu’à la retraite. De notre point de vue, ce serait donc un mauvais procès que l’on ferait à la Présidence, d’autant plus que beaucoup de services publics y sont rattachés : comme l’Agence pour la Promotion des Investissements Privés, l’Office National de Pétrole, l’Office Nationale des Bourses Extérieures, la Direction Général du Patrimoine Bâti Public, l’Agence Nationale de Lutte contre la corruption, etc., et tous ces services publics rattachés, bénéficiant du budget de l’Etat, viennent bien évidemment s’additionner au budget proprement dit de la Présidence. »

« Au mois de janvier 2018, l’Etat a eu une moins-value de 53 milliards, en février 63 milliards, en mars a enregistré une moins-value de 97 milliards. Le gouvernement n’exclue pas de réduire cette subvention. Ce qui aurait pour conséquence immédiate l’augmentation du prix du carburant à la pompe», rapportait, il y a peu, la presse locale. Comme quoi, frileux, le gouvernement, déjà alerté par les syndicats contre toute augmentation du prix du carburant est en train de prendre la température. Mais jusqu’à quand ?

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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