HISTOIRE DES ILES DE LOOS (Tamara, Kassa, Room,…)

Les îles de Loos (ou Iles de Los; Loose Island en anglais) sont un groupe d’îles situées au large de Conakry en Guinée. Leur nom est tiré du portugais, premiers explorateurs du lieu : Ilhas dos los Idolos, probablement « Île des Idoles ».

Les îles de Loos se situent à 3 km du phare de Boulbinet ; autant dire que les îles font partie du paysage de la capitale guinéenne.

L’archipel qui couvre environ 60 km2 comprend trois îles principales TamaraKassa et Room), ainsi que quatre îlots inhabités dans sa partie sud (CorailBlancheCabris et Poulet), formant un cercle de 18 à 19 Km de diamètre1.

Les îles de Loos ont rarement plus de 1 km de largeur. Les plus grandes, Tamara et Kassa, s’allongent sur un peu moins de 10 km, du nord au sud. Elles portent les reliefs les plus élevés : 162 m au nord de Tamara (autrefois sommet Ballay), 108 m au Sud de Kassa (sommet Koromandja).
D’autres îles sont encore plus petites (île Blanche, île Corail), jusqu’à n’être plus que des îlots qui se découvrent seulement à marée basse : île Poulet, île Fousset.

Le banc de Crawford

Le banc de sable dit “de Crawford”, situé au nord de l’île de Room, et qui se découvre à marée basse, doit son nom à un négrier réfractaire, capturé par les Anglais et pendu dans cette île.

Roume ou Room ? 

Roume est le nom du gouverneur général de L’A.O.F., supérieur hiérarchique du gouverneur de la Guinée française. C’est le nom donné à l’île sur la carte topographique de 1956 (I.G.N France), la dernière réalisée. Mais jusqu’à la veille de l’Indépendance de la Guinée, les insulaires (surtout ceux d’origine sierra-léonaise) écrivaient Room.

L’ile Room qui inspira l’écrivain Anglais STEVENSON pour son mythique roman: L’ile au trésor.

Une partie de la ville de Conakry se situe sur ce qui était autrefois l’île de Tombo, aujourd’hui rattachée à la péninsule sur laquelle s’étend la capitale de la Guinée.

Avant 1818

Selon les exégèses, les Îles de Loos étaient habitées par les mandingues avant l’arrivée des portugais. Ces premiers habitants seraient venus de Toumanéah en Haute Guinée. L’archipel était placé à l’époque sous l’autorité d’un roi qui avait la gestion de Kaporo (aujourd’hui du nom d’un des quartiers dans la haute banlieue), et était gouverné par un chef du nom de Kamodou Soumah qui, lui, vivait à Fotoba.

Les îles ont été fréquentées assez tôt par les Européens et ont pris de l’importance commerciale pour leur rôle dans le commerce des esclaves, comme plusieurs autres comptoirs de la côte occidentale africaine.

En 1460, l’explorateur portugais Pedro de Sintra explore les côtes de la Sierra Leone et ses environs, et débarqua sur la côte de sourigbé avec certains de ses hommes ; ils prirent contact avec les populations noires. C’est avec l’occupation portugaise que les Îles de Loos ont connu la traite des Noirs qui prendra son essor au xvie siècle.

En 1755, un négociant, Miles Barber (en), de l’« African Company of Liverpool » établit une usine dans l’île de Kassa pour employer des travailleurs qualifiés dans la réparation des bateaux et aussi des pilotes pour naviguer et commercer avec les tribus par les rivières locales. Ceci a mené Kassa à être connue comme « Factory Island ».

En 1787, les Anglais acquièrent leurs premiers établissements en Sierra Leone, notamment le site de Freetown, dans l’objectif d’y réinstaller les esclaves libérés sur le sol anglais.

Possession britannique (1818-1904)

Charles MacCarthy (en), Gouverneur de la Sierra Leone signe un traité le 6 juillet 1818, avec Mangé Demba (en), un roi  local, qui cède sous forme de concession les îles aux Anglais contre le paiement d’un loyer annuel. Ce traité met fin à la traite des esclaves sur les iles de Loos (abolition par la Grande-Bretagne en 1807), puis à l’esclavage en 1833, et enfin à l’émancipation complète des esclaves en 1838.

Les îles sont cédées à la France le 7 avril 1904, lors de la série d’accords franco-britannique qui fondent l’Entente cordiale entre la France et la Grande-Bretagne. Les Îles de Loos sont remises à la France en échange de l’abandon par cette dernière de ses derniers droits de pêche à Terre-Neuve et au Labrador (le French Shore), alors sous souveraineté britannique.

Les îles de Loos sont alors incorporées en juillet 1904 dans la Guinée française, une des parties constitutives de l’Afrique occidentale française.

La Guinée française (1904-1958)

À l’origine simple dépendance de la colonie du Sénégal, sous le nom de « Rivières du Sud », un décret du 17 décembre 1891, donnait à la colonie une autonomie pleine et entière, en la détachant complètement du Sénégal et en lui accordant un gouverneur titulaire, qui conservait l’autorité sur les résidents de Grand-Bassam et de Porto-Novo. Le 10 mars 1893, le nom de « Rivières du Sud », fut remplacé par celui de « Guinée française », en même temps que les établissements de la Côte-de-l’Or et du Golfe de Bénin étaient érigés à leur tour en colonies autonomes, sous les noms respectifs de Côte d’Ivoire et de Dahomey.

Grâce à l’activité du gouverneur Ballay, l’île de Tombo – qui abrite le centre historique de la capitale Conakry, la seule des îles de Loos sous souveraineté française -, « se trouva couverte d’une ville régulièrement dessinée, harmonieusement bâtie, percée de larges boulevards ombragés, égayée par des jardins; un petit port, très fréquenté, desservi par une jetée provisoire, donna de l’animation et de l’importance à Conakry »2.

À partir de 1904, l’histoire des îles de Loos ne se différencie plus du reste de la Guinée française.

Scipio O’Connor fut le premier administrateur colonial nommé par les Français dans les îles de Loos.

http://les-iles-de-loos.tech-access.net

http://www.villaelijahguineeconakry.com/guinee_conakry_villa_elijah_historique.htm

http://www.villaelijahguineeconakry.com/guinee_conakry_villa_elijah_archipel.htm

↑ a et b « Séjour les iles de loos » [archive], sur casa-tourisme-guinee.com (consulté le 6 novembre 2016)

cit. Gabriel Hanotaux, Alfred Martineau, et al.

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