Grosse délinquance dans les Marchés publics en Guinée

On ne le dira jamais assez : la Guinée est un pays des occasions ratées. Mais aussi un terreau de délinquants économiques qui s’enrichissent notamment dans les marchés publics. Une situation que des opposants n’ont eu de cesse de dénoncer. Cette fois-ci, c’est un professeur d’Université qui monte au créneau pour jeter un pavé dans la mare.

Pour ce fiscaliste et par ailleurs spécialiste des finances publiques « Il est difficile d’évaluer l’ampleur réelle des détournements dans les passations des marchés publics. Les rapports semblent indiquer qu’ils sont orchestrés, tant au niveau de la présidence de la République et du gouvernement, qu’au niveau de l’Assemblée nationale, de la CENI et d’autres institutions constitutionnelles. Il est à retenir aussi que les détournements de biens de l’État ne se limitent pas au secteur des marchés publics. Il existe d’autres façons de frauder l’État qui consistent à créer des doubles emplois dans l’exécution des dépenses publiques. Elles se traduisent notamment par des lignes de crédits affectées à des dépenses sans objet et dépourvues de tout caractère public. Des crédits affectés aux institutions inexistantes qui sont pourtant décaissés. »

Selon Al housseyni Kaké, les rapports des partenaires techniques et financiers de l’État (FMI, BM ) avaient démontré que les passations des marchés publics en Guinée enfreignaient  gravement aux règles et procédures en vigueurs.

Ainsi, explique-t-il, en 2017,  sous la pression combinée du FMI et de la Banque mondiale, le Ministère de l’Économie et des finances de la République de Guinée avait commandé  un audit des marchés publics passés par un échantillon de 24 autorités contractantes sur l’exercice 2013, 2014 et le premier semestre 2015.  Ce rapport d’audit avait conclu sur le constat suivant :

  • 13% des marchés publics passés sont conformes aux règles et aux procédures ;
  • 63% des marchés publics passés sont non conformes aux règles et aux procédures ;
  • 24% des marchés publics passés n’ont pu être audités pour carence documentaire.Le résultat de ces audits commandés par le ministère de l’Économie et des finances sous la pression des partenaires extérieurs démontre que les 87% des marchés publics passés en Guinée sont entachés d’illégalité et laissent croire aux détournements massifs des deniers publics.

 

Il est à souligner que ces audits, « bien que mettant en cause la gestion illégale de milliers de milliards de Francs guinéens, ils ne concernent qu’un petit échantillon de 24 autorités signataires de contrats de marchés publics. Ce qui laisse croire que les fraudes relatives aux contrats portant sur les marchés publics sont immenses. Cependant, le réajustement de certaines dépenses publiques peut diminuer l’ampleur de la corruption dans ce secteur. »

 

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

 

  1. bateka dit

    Mon oeil, nous qui pensions que notre Prof n’a point besoin d’argent.
    Alors s’il en avait besoin, il nous mis la corde aux coups et vendus a ses amis francais, chinois, arabes!!!!
    Que dieu sauve la pauvre guinée spoliée

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