Faut-il changer de moyen de contraception après 40 ans ?

A partir de 40 ans, bon nombre de femmes se posent des questions quant à leur contraception. Faut-il la changer ? Laquelle choisir ?… Réponses du Pr Arnaud Fauconnier, gynécologue-obstétricien.

Pilule œstro-progestative ou progestative, stérilet, patch… Choisir et trouver un moyen de contraception adapté n’est pas une mince affaire. A la quarantaine, la majorité des femmes s’interrogent à ce sujet alors qu’elles entrent dans une période de pré-ménopause. Mais il n’y a pas une contraception particulièrement recommandée après 40 ans. « Ce n’est pas aussi simple. Ce n’est pas l’âge qui compte, cela dépend des cas. Néanmoins, à partir de 40 ans, il y a plus de risques de pathologies (maladies cardio-vasculaires…), la fertilité diminue, la demande de grossesse est différente… Avant de mettre en place une contraception, il faut prendre en compte le fait que la patiente est fumeuse, a des facteurs de risques de maladies cardio-vasculaires« , explique le Pr Arnaud Fauconnier, chef du service de Gynécologie-Obstétrique du Centre hospitalier intercommunal de Poissy-Saint-Germain-en-Laye. En effet, une femme de plus de 35 ans qui fume ne peut pas prendre de pilule œstro-progestative en guise de contraceptif. C’est aussi le cas pour les femmes qui présentent des risques cardio-vasculaires. Dans ce cas, une contraception non hormonale ou progestative sera indiquée. En revanche, si la patiente ne fume pas et n’a pas de facteurs de risques cardio-vasculaires, elle peut prendre une pilule œstro-progestative jusqu’à 50 ans. L’objectif est de conseiller une contraception afin que le risque soit le plus faible possible pour la patiente.

Mais alors faut-il changer de contraception ? Pour le Pr Fauconnier, « ce n’est pas la peine de changer de contraception. S’il n’y a pas de risque cardio-vasculaire, la patiente peut par exemple continuer de prendre la pilule. S’il y en a, la contraception doit en revanche être modifiée. En ce qui concerne le stérilet, il n’y a pas de risque, et ce quel que soit l’âge ».

Des moyens de contraception non hormonale variés. Ces dernières années, plusieurs voix se sont élevées contre les hormones. Les pilules ont notamment été au cœur de plusieurs controverses. Ainsi, de plus en plus de femmes se sont remises en question et souhaitent désormais une contraception sans hormone. « Il faut savoir que la contraception n’est pas mauvaise pour la santé si l’on tient compte des facteurs de risque. C’est essentiel que les femmes puissent y accéder sans avoir peur. En remettant en question les moyens de contraception, on perd la liberté de la femme. Il faut replacer la contraception comme moyen de prévention des grossesses non désirées. Pour les femmes qui souhaitent une contraception sans hormone, il est possible de choisir un stérilet non hormonal, qui est un mode de contraception sans risque s’il est posé convenablement et que l’utérus est normal. C’est un bon moyen de contraception, inerte et fiable. » Le préservatif est également une possibilité qui est adoptée par de nombreuses femmes de plus de 40 ans. Suite au retrait des implants Essure du marché (voir encadré), seule la ligature des trompes est aujourd’hui disponible pour les femmes qui ne souhaitent plus avoir d’enfants. Il s’agit d’une intervention chirurgicale dite de « stérilisation », pratiquée sous anesthésie générale, qui consiste à fermer l’accès aux trompes de Fallope. Quel que soit le cas de figure, il faut savoir qu’il y a toujours une solution contraceptive adaptée, et ce même après 40 ans.

Un risque de grossesse bel et bien présent. A la quarantaine, la fertilité baisse. Certaines femmes pensent ainsi à arrêter la pilule, retirer leur stérilet… Mais peut-on se passer de contraception à partir de 40 ans ? « Non, sûrement pas, sauf s’il n’y a pas de rapport, s’exclame le Pr Fauconnier. Le risque de grossesse existe tout au long de la vie avant la ménopause. En effet, tant qu’il y a des cycles, une contraception est nécessaire. Il y a peu de garanties de ne jamais tomber enceinte sans contraception. Et les femmes de 40 ans qui attendent un enfant qui n’est pas souhaité sont généralement dans une situation de détresse. Si une femme estime qu’elle n’en a pas besoin, il ne faut pas la pousser. Il faut cependant l’informer sur le fait que l’on peut tomber enceinte même après 40 ans.« 

Quid des implants Essure ? Auparavant, les femmes qui souhaitaient une contraception définitive pouvaient avoir recours à la ligature par le biais de la méthode Essure qui consistait en l’insertion d’un petit ressort dans chaque trompe par les voies naturelles, qui obstruait la trompe définitivement. Néanmoins, cette technique a essuyé de nombreuses critiques de la part de patientes notamment, qui se sont plaintes de la dégradation de leur état de santé (douleurs, fatigue, saignements…) suite à la pose de ce ressort.

En France, ce sont 1 087 femmes qui ont été confrontées à un dysfonctionnement ou à la survenue d’effets indésirables entre 2003 et février 2017 sur près de 200 000 femmes porteuses d’un implant Essure, selon l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). L’Union européenne a ainsi décidé en août 2017 de suspendre la commercialisation des implants Essure pour une durée de trois mois.

Tous les lots ont été immédiatement retirés de la vente en France. Le 18 septembre 2017, c’est finalement le groupe pharmaceutique Bayer qui a indiqué dans un communiquéarrêter la vente de ces implants dans tous les pays sauf aux Etats-Unis « pour une raison commerciale« . Bayer a toutefois tenu à « rassurer les patientes, notamment celles porteuses d’Essure, ainsi que tous les professionnels de santé qui les accompagnent sur le fait que cette décision n’est pas liée à un problème de sécurité ou de qualité du produit » ajoutant que « le profil bénéfice-risque positif d’Essure demeure inchangé« . L’ANSM a par ailleurs assuré qu’il n’est pas nécessaire d’envisager le retrait de cet implant chez les femmes porteuses qui n’ont pas de symptômes indésirables.

 

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