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Enseignement supérieur : Bano Barry diagnostique

Enseignement supérieur : Bano Barry diagnostique

Bano Barry, sociologue et analyste politique est devenu un proche d’Alpha Condé. Récemment, à la faveur d’un rencontre-bilan de l’année universitaire 2016-2017 et de préparation de la nouvelle année universitaire 2017-2018, ce professeur d’Université a fait le diagnostic de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.

Selon lui, les dépenses publiques courantes consacrées au secteur de l’éducation sont passées de 2 % du PIB en 2011 à 3,8 % en 2016. En 2011, ces dépenses représentaient 18,2 % du budget de l’Etat et autour de 20 % en 2016 alors qu’elles atteignaient les 30 % dans certains pays voisins comme le Sénégal. Partant, « La répartition de ce budget entre les différents ministères du secteur de l’éducation montre que celui de l’enseignement supérieur est passé de 23 % en 2011 à 37 % en 2016 à cause du poids prépondérant des bourses d’entretien pour les étudiants des universités publiques et des bourses d’études pour les étudiants orientés dans les Universités privées. »

Conclusion : « Le financement de l’éducation est nettement insuffisant par rapport aux besoins, insuffisant par rapport aux autres pays de la sous-région et surtout insuffisant pour atteindre la qualité. Mais il est aussi clair que ce budget finance peu les infrastructures, la formation du personnel pédagogique et administratif et l’aide à l’insertion des diplômés. » De l’avis du conseiller d’Alpha Condé, l’amélioration de la qualité de la dépense publique passe nécessairement par des réorientations de l’affectation de la dépense publique de postes de consommation à ceux catalyseurs qui vont booster la qualité des apprentissages et de l’efficience du système.

S’agissant du corps enseignant, BanoBatrry rappelle : « En 2000, la Guinée comptait 34 % d’enseignants et de chercheurs titulaires d’un doctorat. Cette proportion est descendue à 30 % en 2006, 21 % en 2010 et 19 % en 2011. Les enseignants de rang magistral sont passés de 16 à 10 %, dans la même période. Avec les dernières retraites, ce corps est très certainement de l’ordre de 6 % en ce matin du mois d’août. »

Évoquant les recherches scientifiques, Bano Barry caricature : « Les chercheurs dans les centres de recherche, lorsqu’il en existe, font peu de recherche en raison de la faiblesse du financement et de l’expertise des uns et des autres. S’ils trouvent, ils ne communiquent pas leur savoir et leur expérience car ils n’enseignent presque pas.Les jeunes assistants qui forment les trois quarts du corps professoral n’ont que la maîtrise ou le diplôme d’études supérieures ou le master. »

Ce diagnostic, du reste partiel, laisse comprendre que l’enseignement supérieur et la recherche scientifique ont besoin d’une refonte. Ce à quoi s’attèle les autorités du département ainsi que les conseillers en charge de l’Education auprès d’Alpha Condé. Les premières sensations commencent déjà à être enregistrées. Et c’est tant mieux.

 

Jeanne Fofana

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