Élections en 2019 : entre manipulation politique et utopie collective

Le président de la Cour constitutionnelle, Mohamed Lamine Bangoura invite les commissaires à jouer leur partition, car, «Le peuple attend de vous le professionnalisme, la rigueur dans la conduite des échéances électorales à commencer par les élections législatives qui n’ont pas lieu à date échue. »

Cette invite du patron de la Cour constitutionnelle intervient alors que la classe politique d’opposition s’interroge le budget projeté 550 milliards GNF par la CENI et la disponibilité dudit fonds. Aujourd’hui, une sorte de grosse manipulation entraîne tous les leaders politiques en pole position. Et une sorte d’utopie s’empare d’eux. Notamment les grandes formations politiques de l’opposition. Ils sont libres de rêver. Mais, rien n’indique qu’il y aura élections en Guinée de sitôt.

S’agissant de la CENI, Bah Oury a quant à lui tranché : «C’est la Ceni qui a toute la compétence qu’il faut pour fixer la date de l’organisation des législatives. Il y a l’autre contrainte extrêmement importante : la contrainte financière qui peut être aussi un facteur bloquant. Le budget reflète la volonté politique du gouvernement. Si le budget alloué à l’organisation des législatives ne figure pas dans l’exercice 2019, il faut s’interroger sur la volonté gouvernementale d’organiser ces élections au courant de l’année budgétaire 2019. »

Une bonne lecture de la situation par ce leader politique. A côté de cette contrainte financière, il faut surtout noter « l’assainissement et l’épuration du fichier électoral et l’organisation de nouveaux recensements pour les citoyens qui en ont l’âge de voter, notamment les 18 ans.
C’est un secret de polichinelle, le fichier électoral guinéen a été révisé, modifié, piraté en 2009, 2010, 2013 et en 2015 lors de la présidentielle », a-t-on dénoncé. De toute évidence, Sydia Touré n’a eu de cesse de dénoncer ce fichier.

Boureima Condé le sait plus que quiconque que le rapport fournit par les experts ne répond pas aux exigences du moment. « Dès qu’on dit qu’il y aura un rapport c’est une manière souvent de retarder et de ne pas permettre à un public cible intéressé d’en avoir le contenu. On attendra la dernière minute pour sortir du tiroir ces rapports et avec les contestations possibles qui vont encore amener des discussions au risque de retarder pour très longtemps le lancement du processus électoral », dénonce Bah Oury.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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