Élections communales en Guinée: l’ex préfet de Labé annonce sa candidature

L’ancien préfet de Labé sous l’ère de la junte militaire du CNDD (conseil national pour la démocratie et le développement) du capitaine Moussa Dadis Camara et de la première heure de l’avènement du Professeur Alpha Condé au pouvoir en 2010, Elhadj Safioulaye Bah invité dans une émission de la radio Espace foutah, a annoncé sa candidature pour les prochaines élections communales, initialement prévues selon l’accord du 20 août 2015 en fin juin 2016.

Au terme de l’émission, le fils du feu El hadj Thierno Abdourahamane Bah s’est confié à notre rédaction : « J’étais invité pour parler d’un dossier concernant le quartier Doghora. Mais ils ( les journalistes) m’ont posé la question de savoir si toutefois, je serai candidat pour les futures élections communales. Évidemment, comme je n’ai pas ma langue dans ma poche, j’annonce tout de suite la couleur que je serai candidat parce que je suis originaire de Labé et comme la ville est actuellement gérée honnêtement ce n’est pas à ma satisfaction. Ce n’est contre personne, c’est surtout à cause de la situation que nous vivons. Donc nous présenterons une liste, nous espérons que les gens comprendront. C’est une élection locale, la commune c’est une entreprise donc pour laquelle il faut faire des bénéfices. Si toutefoisDieu nous donne cette chance, je pense que vu les relations que nous avons, vu l’ambition que nous avons, vu ce que nous savons parce qu’il faut savoir faire pour soi ,pour pouvoir faire pour un autre. Donc, je pense qu’on pourra changer un peu la donne et la situation de Labé.« 

Cependant, il promet de présenter une liste indépendante pour conquérir la mairie : « Ça va être une liste indépendante dans la mesure où nous ne souhaitons pas mettre de côté certaines compétences. Dans tous les partis, il y a des gens qui sont compétents, chez les indépendants également comme dans la société civile . Quand on se met dans un parti, ben en ce moment, on limite les choix de ses compétences et Labé a besoin et regorge de ces compétences pour pouvoir, démarrer et développer cette entreprise qui est la commune ».

Plus loin , il donne quelques axes de son projet de société : « On n’a même pas besoin de financement extérieur pour désengorger le marché central . Les gens sont dehors pourquoi ? Parce qu’à l’intérieur il n’y a pas de place et l’accès est aussi difficile donc il suffit de reconstruire le marché et construire d’autres marchés ailleurs. C’est la seule façon qu’on a pour dégager les gens de la rue, donc reconstruire c’est quoi ? C’est en fait proposé à ceux qui occupent de donner l’argent en avance et avec ce montant  ,construire à plusieurs niveaux et ceux qui sont en place, ils restent en place et les autres qui sont à l’intérieur vont dans des boutiques. Sur l’autre niveau et au fur et à mesure on dégagera le centre du marché.

D’ailleurs,je prie Dieu le tout-puissant qu’il n’y ait pas d’incendie ici car vous-même vous savez que l’accès de ce marché est tellement difficile qu’un sapeur-pompier ou un pompier ne peut pas éteindre un feu que Dieu nous préserve d’un incendie. Mais le malheur, c’est quoi ? C’est que les autorités actuelles vendent les places à des particuliers qui construisent des boutiques et qui les louent à des prix exorbitants qui ne seront pas à la portée des pauvres . Donc ce sont ces raisons-là, car c’est la commune qui doit construire ces marchés, ces espaces, les mettre à la disposition des vendeurs et vendeuses et ces gens là  payeront un loyer, un droit, un point, un trait ».

Et de poursuivre sur l’anarchie qui caractérise la circulation dans la commune urbaine de Labé : « Mon Dieu, je vous mets au défi, trouvez-moi le seul endroit où on passe le permis. Le permis en Guinée ne se passe pas, il est vendu donc les gens ne connaissent pas le code de la route et comment voulez-vous comment ces gens  comprennent le code de route ? Ils ne connaissent pas, les gens qui conduisent la moto, lorsque j’étais à la préfecture aller voir du côté de l’aéroport, vous verrez de tracer sur le bitume, c’est moi qui ai fait venir un jeune pour apprendre aux taxis moto comment circuler et leur décerner des diplômes. Mais en Guinée, on ne passe pas le permis, on l’achète et donc pour changer cela, il faut oser »

Sally Bilaly Sow , correspondant kabanews à Labé

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