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Démographie en Afrique : faut-il vraiment en vouloir à Macron ?

Démographie en Afrique : faut-il vraiment en vouloir à Macron ?

« En réécoutant Emmanuel Macron, on ne reconnait pas en lui celui qui, il y a quelques mois à peine, avait osé assimiler la colonisation à un crime contre l’humanité. Du candidat au président, une mue profonde s’est opérée en l’homme. Ainsi donc, désormais, il fait davantage penser à Nicolas Sarkozy pour qui le péché originel de l’Afrique, c’est de n’être pas assez entrée dans l’histoire. »

Ce bout de phrase d’un éditorialiste guinéen résume à lui seul, la vive polémique créée par le président français. Emmanuel Macron a pourtant juste rappelé la théorie de Thomas Robert Malthus, cet économiste britannique connu pour ses travaux sur les rapports entre les dynamiques de croissance de la population et la production.

La doctrine de Malthus consiste en effet à inclure une politique active de contrôle de la natalité pour maîtriser la croissance de la population. En principe, on ne devrait pas du tout lui en vouloir. Sa déclaration du 8 juillet dernier est sans équivoque : «Le défi de l’Afrique, il est totalement différent. Il est beaucoup plus profond, il est civilisationnel aujourd’hui. Quels sont les problèmes en Afrique ? Les États faillirent, les transitions démocratiques complexes, la transition démographique qui est, je l’ai rappelé ce matin, l’un des défis essentiels de l’Afrique. Quand des pays ont encore aujourd’hui 7 à 8 enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien».

Selon la presse occidentale, le président Condé, en sa qualité de président de l’UA, avait déjà anticipé et répondu à cette vision «macronienne». Extrait : «Quand vous parlez de démographie galopante, c’est du Malthusianisme, c’est contre l’Afrique. Aujourd’hui, les autres continents nous envient notre démographie, parce que ce sont des peuples vieillissants. Notre jeunesse est notre avantage. »

En vouloir à Macron serait vraiment inopportun. Contrôler les naissances ne doit pas faire l’objet de vive levée de boucliers. Il y va aussi du décollage des pays émergeants, notamment en Afrique. Si avant on attribuait le nombre élevé d’enfants à la réussite, aujourd’hui, la donne doit pouvoir changer : trop de femmes, trop d’enfants est synonyme de pauvreté et de retard. La santé, l’éducation, la nourriture, etc., tout échappe aux responsables de familles. Ce beau monde devient une poche de pauvreté patente. Souvent les enfants ne vont pas à l’école, les adolescents sont soit déscolarisés et/ou non scolarisés. Les jeunes filles, laissées à elles-mêmes. Macron n’a pas du tort.

Quitte à hérisser les poils des nationalistes désuets.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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