Demain, dans la réalité virtuelle, vous n’aurez plus que le bout de vos doigts pour travailler

Maître de la bureautique et des systèmes d’exploitation, Microsoft travaille assidûment à la bascule vers la réalité virtuelle. Elle permettra toutes les folies pour nos espaces de travail. En revanche, il faut encore trouver la bonne méthode d’interaction.

Microsoft est le roi de la bureautique. Sa suite Office trône au firmament d’un royaume qui s’étend des confins des colonnes d’Excel jusqu’aux angoissantes pages blanches de Word en passant par les arides diapos de PowerPoint. Evidemment, Office a toute sa place dans Windows, cheval de Troie de Microsoft dans des milliards d’entreprises et de PC.

Aujourd’hui, Windows se cantonne à une tour ou un portable et son écran, demain (ou tout de suite pour les plus aventureux), le système d’exploitation s’étendra dans la réalité virtuelle.

La VR pour être au bureau…

Vous pourrez en profiter pour explorer des mondes fantastiques, découvrir des films ou des expériences de divertissements renouvelées. Mais vous pourrez enfin et surtout vous offrir le bureau idéal dont vous rêvez depuis des années. A vous les écrans géants, même si vous êtes dans le train, à vous l’éclairage parfait, même si vous travaillez dans une cave, bref, à vous toute la puissance de la réalité virtuelle pour continuer à travailler sur votre traitement de texte préféré, votre tableur de pointe ou votre outil de présentation adoré. Avec la VR, rien n’est trop beau pour vos yeux !

Voilà pour la partie facile. Car on peut tromper mille fois, mille globes oculaires, en revanche, la VR est bien à la peine quand il s’agit de proposer des méthodes d’interaction aussi efficace que dans la réalité… réelle. On parle ici d’un truc aussi « simple » que de reproduire un bon vieux clavier. C’est pourquoi Microsoft s’est attelé à la tâche de résoudre ce problème et de proposer des solutions virtuelles qui ne réduisent pas trop la productivité.

Se saisir du sujet

Le géant américain vient ainsi de publier deux études sur la question. Une première observation a permis de noter – bonne nouvelle – que les personnes qui savent bien frapper au clavier conserve leur savoir-faire dans la réalité virtuelle. Néanmoins – moins bonne nouvelle -, les utilisateurs tapent moins vite. Ils sont en général à 60% de leur vitesse maximale de saisie de texte.
Microsoft estime que ce différentiel est lié à la nouveauté, au manque d’habitude, donc, mais aussi aux limites des affichages VR dont la résolution et la latence peuvent s’avérer problématiques.

Deuxième observation, la saisie dans un monde virtuel est un peu plus problématique pour ceux qui ont besoin de regarder les touches quand ils tapent, ce qui occasionne de nombreux aller-retours entre le clavier et l’affichage virtuels et s’avère moins confortable qu’en réalité. Pour limiter ce problème, la réalité virtuelle permet toutefois de rapprocher le document du clavier virtuel, précise Microsoft.

Tap tap revenge

Quoi qu’il en soit, Microsoft a étudié différentes solutions de saisie qui impliquent que les mouvements des doigts de l’utilisateurs soient suivis avec précision. Pour l’étude, Microsoft a utilisé des trackers optiques de haute précision et des marqueurs portés par l’utilisateur mais prédit que dans le futur, c’est le casque de réalité virtuelle ou le clavier qui assurera ce suivi. C’est déjà le cas des casques compatibles Windows Mixed Reality ou de l’HoloLens.

Car la représentation des mains semble avoir un impact réel sur la façon dont les utilisateurs interagissent avec le clavier virtuel. Microsoft a suivi et étudié quatre pistes. La première est une projection de la vidéo des mains de l’utilisateur dans l’espace virtuel, ce qui est la solution la plus proche de la réalité. La deuxième est une représentation en 3D des mains, animée en fonction du suivi de celles de l’utilisateur. La troisième est un modèle 3D presque transparent, où seul le bout des doigts est clairement visible. Enfin, la quatrième option rend les mains totalement invisibles et seules les touches pressées s’illuminent pour permettre de savoir où sont les doigts.

Juste le bout des doigts

Apparemment, Microsoft a constaté que de ne voir que le bout de ses doigts était aussi efficace que d’avoir une retransmission vidéo de ses mains. En revanche, la représentation complète des mains s’est avérée gênante et peu pratique. Les différences de mouvements et de « physionomie » des mains semblent non seulement ralentir la saisie mais également sa précision. Au point d’ailleurs que les résultats étaient aussi mauvais que quand les mains étaient totalement masquées.

Si ces études semblent un peu anecdotiques, elles ne le sont pas. Microsoft entend d’abord diffuser ses conclusions à la communauté des chercheurs. Le but sera de tenter de résoudre rapidement ce problème et de proposer la meilleure interface possible, la meilleure voie envisageable pour que, comme toujours, nous soyons encore plus productifs demain…

Source : Blog de Microsoft Research

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