Sur le papier, l’amélioration des finances publiques a été spectaculaire en 2017. Le déficit a en effet diminué de 0,8 point, passant de 3,4 à 2,6% du PIB. Reste que cela s’explique avant tout par une très forte hausse (+4%) des recettes publiques, liées notamment au rebond de la croissance du PIB. Les dépenses, elles, ont continué de progresser. Cette hausse s’est même accélérée : +2,5% en 2017, contre +1% en 2016. Conséquence, le ratio de dépenses, rapporté au PIB, ne diminue que légèrement, à 56,4% contre 56,6% l’année précédente. Une tendance qui inquiète le Haut conseil des finances publiques. “Le passage du déficit public sous le seuil de 3 points de PIB (…) a été obtenu sans aucun effort budgétaire discrétionnaire en 2017. Le Haut Conseil souligne que le non-respect de la trajectoire en dépense ne pourra pas toujours être compensé par de bonnes surprises en matière de recettes”, prévient l’institution chargée d’examiner les prévisions du gouvernement, dans une note rendue publique ce mercredi.

Le déficit public reste l’un des plus élevés de l’Union européenne

A 2,6% du PIB, le déficit Français est bien loin de la moyenne de l’Union européenne, de 1% selon Eurostat. Il s’affiche même comme le 4ème le plus élevé des 28 pays membres. Seuls la Roumanie (2,9%), le Portugal (3%) et l’Espagne (3,1%) font pire. A l’inverse, 13 pays européens affichent maintenant des excédents publics, c’est-à-dire que leurs recettes dépassent leurs dépenses. L’Allemagne, par exemple, a dégagé un excédent de 1,3% l’année dernière.

La dette publique continue de grimper et frôle 100% du PIB

Pour le moment, la baisse du déficit public n’est pas suffisante pour stopper la progression du ratio d’endettement de la France, qui approche désormais des niveaux inquiétants. La dette publique (qui constitue le stock des déficits accumulés) représentait, fin 2017, quelque 96,8% du PIB, contre 96,6% l’année précédente. Là encore, c’est un très mauvais score comparé à la moyenne européenne de 81,6% (le meilleur élève, l’Estonie, est même à 9%…). Seuls 6 pays font pire que l’Hexagone, dont 4 affichant un ratio d’endettement supérieur à 100% : la Belgique (103,1%), le Portugal (125,7%), l’Italie (131,8%) et la Grèce (178,6%).

Le déficit public risque de repartir à la hausse en 2019

Cette année, le déficit public devrait continuer de baisser, vers 2,3% du PIB, à en croire les prévisions de la Commission européenne. Mais il risque par contre de repartir sensiblement à la hausse l’année suivante, vers 2,8% (le gouvernement parie, lui, sur une hausse à 2,4%)… En cause : la transformation, en 2019, du crédit d’impôt compétitivité emploi, le fameux CICE, en baisse de charges pour les entreprises. Cette année-là, l’Etat va en effet devoir à la fois payer le crédit d’impôt (qui repose sur les revenus de l’année précédente) et absorber la baisse des cotisations… En théorie, la situation est censée s’arranger les années suivantes : dans ses dernières prévisions de long terme, le gouvernement a prévu un déficit de 0,9% en 2020, et même un excédent de 0,3% en 2022. Encore faut-il, pour cela, que la croissance économique ne flanche pas et que les pouvoirs publics trouvent des économies supplémentaires pour honorer certaines nouvelles promesses, telles que la suppression totale de la taxe d’habitation