Dédicace du livre ‘’Mémoire Collective’’ : Gassama Diaby recadre le débat : « Si nous voulons aller de l’avant… »

Avec l’appui de l’Union Européenne, l’Organisation Guinéenne des Droits de l’Homme (OGDH), en partenariat avec RFI, vient d’écrire un livre sur les violences politiques en Guinée, intitulé « Mémoire collective ».

La Dédicace de ce livre a eu lieu mardi au Palais du peuple à Conakry, en présence d’imminentes personnalités politiques et administratives, des acteurs de la Société civile et des diplomates accrédités en Guinée.

Le ministre de l’Unité nationale et de la Citoyenneté,  représentant le gouvernement à cette cérémonie, a tout d’abord planté le décor : « Nous avons une mémoire publique segmentée, parce que nous avons une difficulté à faire émerger la nation dans notre pays. Et cette difficulté, elle s’explique par notre incapacité à assumer l’histoire. Et cette histoire, pourquoi nous ne l’assumons pas, parce que les différentes catégories de notre pays, chacun fait gagner sa perception de l’histoire alors qu’il suffirait de deux choses : la vérité des faits, la diversité des appréhensions des faits et la primauté des valeurs. », a-t-il fait remarqué

Poursuivant son intervention devant l’auditoire, Khalifa Gassama Diaby. ajoute : « Vous voyons aujourd’hui l’état de notre pays. Nous sommes dans un pays qui a des difficultés aujourd’hui à faire vivre les valeurs de la République, parce que nous considérons que lorsque vous êtes d’une communauté et que vous pouvez prétendre votre protection que de la part d’un membre de votre communauté, parce que l’Etat n’arrive pas suffisamment à faire garantir aux citoyens sa capacité à protéger chaque citoyen en dehors de ses appartenances originaires. Il faut dépassionner l’Histoire. Pour cela, il faudrait que nous nous acceptions déjà d’être sérieux. ».

Face aux événements douloureux auxquels les guinéens ont subi pendant les différents régimes, le ministre de l’Unité nationale et de la Citoyenneté ne cache pas ses sentiments : « Je le dis avec tout le respect que je dois à nos aînés dans la salle, je crois que nous sommes dans un pays triste et attristant.

 Nous allons bientôt fêter les 60 ans de notre indépendance, on nous ressasse les oreilles avec l’histoire coloniale. Nous avons réclamé notre indépendance, nous sommes incapables de proposer à notre pays un environnement de bonheur, de liberté et de justice. C’est notre responsabilité.

Et, dans ce constat global, nous avons les deux démarches. La première démarche, qui est assez courante dans notre pays, c’est celle qui consiste à faire la critique de l’Etat, de la puissance publique. C’est une démarche légitime et nécessaire. Mais, nous faisons une erreur dans cette démarche. Cet Etat qui est embryonnaire, ne peut être critiqué efficacement que lorsque nous englobons dans cet Etat le corps social. Nous ne le faisons pas….

Les guinéens aiment beaucoup réclamer la justice. Nous ne sommes pas dans nos vies individuelles, dans notre vie quotidienne nous n’aimons pas la justice. Sauf lorsque cela nous concerne. Vous ne pouvez pas demander à l’Etat quelque chose si vous n’êtes pas en capacité d’assumer cette responsabilité. Donc, cette critique de l’Etat, il faudrait que les guinéens se promettent eux-mêmes ».

Avant de terminer, le ministre Gassama Diaby, appelle les guinéens à tourner cette page sombre de l’histoire de notre pays.

« Je voudrais qu’on se souvienne d’une chose, la Guinée est membre à part entière de la communauté internationale. Si nous n’assumons pas notre histoire dans sa totalité, dans sa page grise, triste, avec l’amertume, nous devons l’assumer, parce que cette mémoire est un élément de la construction d’une nation. On ne peut pas construire une nation sans passé. Nous avons décidé de nous installer dans l’amnésie…

L’Histoire est complexe, elle est difficile. Si nous voulons aller de l’avant, c’est de définir les valeurs, il faut que nous ayons le courage d’assumer dans le passé, ce qui a été fait d’injuste…. », a-t-il conclu.

Abdoul Wahab Barry, www.kababachir.com

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