Dalein et Kassory Fofana : jusqu’à quand durera l’idylle ?

« Le message livré à monsieur le président de l’UFDG est le message de fraternité, d’amitié (…) pour qu’ensemble nous contribuions à la stabilité de ce pays, à faire l’économie des morts et des dégâts, et des conséquences fâcheuses des démonstrations politiques. » Cet engagement a manifestement un prix : « Le nouveau Premier ministre que nous connaissons parfaitement trouvera au sein de l’opposition des partenaires loyaux et engagés. »

Jusqu’à quand durera vraiment cette idylle ? C’est toute la question et nombreux observateurs de la scène politique se la posent. Et chacun est pressé de voir comment Kassory Fofana ménagera le choux et la chèvre, une fois qu’il aura décortiqué ce « mémorandum pour tout ce qui bloque ou risquerait de bloquer le dialogue socio-politique», afin qu’il travaille « main dans la main avec l’opposition républicaine à améliorer le climat de paix sociale. » De son côté en tout cas, Dalein et les siens ont « promis de lui déposer un mémoire pour faire état de toutes les sources de conflit et l’origine de la crise actuelle pour que très rapidement peut être, qu’on essaye de s’en sortir par une résolution juste et équitable. »

Les plus crédules rêvent d’une alliance de raison et de circonstance. Il y a lieu de rappeler   que « Les deux hommes se connaissent bien. Et depuis longtemps. Kassory à l’époque, la coqueluche de l’entourage de Conté aurait été celui qui a fait venir Cellou Dalein Diallo dans le gouvernement du général Conté. Quand ils sont arrivés dans le gouvernement Sidya en 1996, Kassory a été limogé en 2000 et Cellou est resté jusqu’à être le Premier ministre (2006) du vieux général, s’inscrivant ainsi sur le frontispice de l’histoire de ceux qui ont le plus passé de temps dans les différents gouvernements du général Conté. C’est dire que les relations entre Cellou et Kassory sont particulières. On se rappelle qu’aux lendemains de la nomination de celui-ci, Cellou a envoyé son épouse le féliciter à domicile », commente-on dans la presse locale.

Est-ce que suffisant pour le chef de fil de l’opposition de dormir et de voir les accords signés couverts de poussières dans les tiroirs de la Présidence, au nom d’une amitié vieille de plusieurs décennies ? Dalein le sait plus que quiconque qu’il joue sa dernière carte avec les prochaines échéances présidentielles et législatives. Des joutes qui le verront à Sékhoutouréya ou à la retraite… politique anticipée, au regard de tous les sacrifices matériels et humains consentis depuis l’arrivée d’Alpha Condé au pouvoir en 2010. C’est dire que Kassory aura bien à faire au même titre d’ailleurs que Dalein lui-même. Chacun étant attendu au résultat.

L’un rêve de se positionner pour 2020, l’autre veut confirmer son talent d’homme patient, combattant du macadam pour l’instauration de la démocratie jusqu’à son installation possible au palais. Un duel acharné n’est pas à exclure entre les deux anciens de Conté. En embuscade, d’autres grosses pontes entendent jouer leurs partitions. Le match est somme toute ouvert. Les clashes à fleur de peau. En attendant, c’est le répit politique, syndical et social pour le compte de Don Kass. Quitte à lui de se faire une petite accalmie le temps de gérer le chaudron : d’un côté les frères basse-côtiers dans le gouvernement, de l’autre, l’humeur changeante de son bienfaiteur et enfin les courroux des caciques du RPG déjà hérissés pour 2020.

Jeanne Fofana, www.kababachir;com

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