Crise à l’Education : Alpha Condé est-il encore lucide ?

Il a réellement manqué de lucidité, ce jeudi devant une déferlante de femmes le pagne bien attaché et décidées d’en découdre avec un président aux fausses annonces bien ancrées. Paniqué, Alpha s’interroge, alors qu’il devrait plutôt donner la réponse aux interrogations nombreuses des Guinéens, parents d’élèves et autres.

« Pourquoi les enfants ne vont pas à l’école alors que les parents dépensent de l’argent pour les enfants ? » Il a la réponse à cette question. Et comme il ne la répond pas, parce que liée à son amateurisme et son arrogance dans la gestion des crises qui se posent à lui, l’opinion sait ce qu’il faut répondre : c’est parce que le président qu’il est gouverne sans programme, s’entoure que des ministres-militants niais et peu portés sur les réelles préoccupations des Guinéens. C’est pourquoi, acculé, il s’engage : « Croyez-moi je vais prendre mes responsabilités. »

Sans dire comment. Il a préféré encore une fois, faire diversion : « Je vais faire à pied jusqu’à Sékhoutouréya pour démontrer que moi je suis derrière le peuple. Pour ceux qui ne veulent pas que la Guinée avance, ils perdent leur temps et le peuple va finir par les démasquer et savoir qui est qui. Dans ce pays, le mensonge l’emporte sur ma vérité. »

Alpha Condé est mal inspiré. Il pense que les Guinéens ne savent pas que les architectes du mensonge c’est sont ses ministres. En tout cas, c’est un de ses ministres et pas des moindres qui déclare : « Nous avons relancé la croissance qui a atteint aujourd’hui 6,6% en 2016 et devrait s’établir à 6,7% pour 2017. Ces taux sont parmi les plus hauts du continent de ces deux dernières années. »

Mamadi Youla fait ainsi saliver les Guinéens, alors que le panier de la ménagère est désespérément pauvre, l’emploi jeune au point mort et les détournements transformés en devise. Pourtant, Alpha Condé se fait appeler « garant du développement de ce pays et du développement de la jeunesse et des préoccupations des femmes. » Et le président de conclure si maladroitement, oubliant qu’il aura fallu une forte pression pour qu’il reçoive le SLECG : « En tant que professeur, ensuite en tant que président, ce n’est pas avec gaieté de cœur que je vais voir les enfants rester à la maison et non pas aller à l’école. La vérité finira par triompher et les élèves sauront pourquoi ils ne vont pas à l’école, qui est responsable ? ».

On doute fort de la lucidité de l’octogénaire avancé. Peut-être s’achemine-t-on vers la crise de la sénilité ! Trop d’incohérences dans cette sortie d’Alpha Condé du 8 mars. Cela veut tout dire…

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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