Crise à la Cour Constitutionnelle: Et si Kéléfa Sall était victime de son franc-parler?

Face à la crise qui mine la Cour Constitutionnelle, de nombreux guinéens s’interrogent sur l’origine des divergences entre les membres de cette institution, qui ont pris une lourde décision de destituer le Président Kéléfa Sall, dont les conséquences seront graves pour l’avenir du pays.
Si aujourd’hui on se rend compte que la motion de définance n’est nullement prévue par la loi pour destituer le Président de la Cour constitutionnelle, beaucoup y voient une  manoeuvre orchestrée à partir du palais Sékhoutouréyah.
Connu pour son franc-parler et son intégrité, Kéléfa Sall, qui avait clairement rappelé au Président Alpha Condé, le 14 décembre 2015, qu’il prêtait serment pour son deuxième et dernier mandat, est catégoriquement opposé au tripatouillage de la Constitution.
Mais ce n’est pas tout! le Président deçu de la Cour Constitutionnelle a tenu à rappeler au Chef de l’Etat guinéen, lors de son investiture ces quelques mots.  Extrait: «Vous vous êtes engagé solennellement à respecter la constitution et les décisions de justice, à défendre les institutions constitutionnelles, l’intégrité du territoire et l’indépendance nationale. Par cet acte, vous venez de faire une déclaration de loyauté et d’engagement signifiant que force doit rester à la loi et que nul n’est au-dessus de la loi. C’est cela un Etat droit, un Etat dans lequel aussi bien l’Etat que les citoyens sont soumis sans distinction à l’autorité de la loi»
Kéléfa avait également demandé au Président Condé d’éviter des chemins interdits en démocratie et en bonne gouvernance:
«Quand on est devant, l’on doit être le référentiel mais quand on est derrière, que personne ne vous regarde.
La conduite de la Nation doit nous réunir autour de l’essentiel. Ne vous entourez pas d’extrémistes, ils sont nuisibles à l’Unité nationale. Evitez toujours les dérapages vers les chemins interdits en démocratie et en bonne gouvernance.
Gardez-vous de succomber à la mélodie des sirènes révisionnistes car, si le peuple de Guinée vous a donné et renouvelé sa confiance, il demeure cependant légitimement vigilant… », a rappelé le Président déchu de la Cour Constitutionnelle.
Ibrahima Sory Camara, www.kababachir.com 

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