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Côte d’Ivoire: la mutinerie s’étend à de nouvelles villes

Côte d’Ivoire: la mutinerie s’étend à de nouvelles villes

La mutinerie commencée vendredi en Côte d’Ivoire se poursuit et semble avoir gagné du terrain, notamment dans le sud-est du pays. Les mutins sont encore une fois descendus dans les rues dans plusieurs villes du pays.

Pour la première fois depuis le début de cette nouvelle mutinerie, des militaires encagoulés ont sillonné depuis la mi-journée les rues de San Pedro dans le sud-ouest du pays, en tirant en l’air. Plusieurs administrations, des commerces et des écoles ont fermé et la population est rentrée précipitamment chez elle, selon des témoins.

A Daloa, dans le centre du pays, ou encore à Gagnoa, à mi-chemin avec San Pedro, des témoins décrivent également les mêmes scènes de soldats mutins qui sèment la panique en tirant en l’air. Là aussi, la plupart des écoles et commerces ont fermé.

Ferkessédougou, dans le nord du pays, subit de plein fouet les conséquences économiques des mutineries. La ville n’a pas été approvisionnée en vivres frais depuis trois jours. Poissons, bananes, viandes commencent à manquer sur les marchés et leurs prix se sont envolés. De même, les transporteurs en provenance du Mali et du Burkina Faso voisins ont annulé leurs voyages, de peur d’être bloqués à l’entrée de Bouaké, plus au sud.

Enfin, Korhogo toujours dans le nord du pays est de nouveau touché par ce mouvement. Des tirs nourris ont été entendus ce matin, un barrage a été érigé par les mutins sur l’un des principaux axes de la ville, toujours selon des témoins. Un commerçant du quartier Petit Paris décrit des rues désertées par la population et décrit un ras-le-bol généralisé, avant de renvoyer dos à dos pouvoir et mutins.


«Préoccupation» de la Cédéao

Dans un communiqué publié ce lundi, le président de la Commission de la Cédéao dit suivre « avec préoccupation » la reprise des mutineries en Côte d’Ivoire. Marcel de Souza ajoute même que cette reprise est « surprenante », étant donné la cérémonie de réconciliation qui a eu lieu le 10 mai. Il « déplore l’utilisation de la violence comme mode de revendication et de règlement des conflits sociaux » et appelle toutes les parties à utiliser les voies pacifiques et un esprit constructif pour trouver une issue à la crise.

RFI

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