Depuis 2005, la compagnie interdit par exemple à ses salariés de recharger leurs portables avec les prises d’électricité des avions, au prétexte de renforcer “l’éthique au travail”. Au moment de l’interdiction, une porte-parole avait quand même avoué que cela faisait “bien évidemment, une petite économie”. Finalement, les salariés de Ryanair doivent compter sur des générateurs à manivelle pour recharger leur téléphones portables.

Côté cadences de travail, c’est encore pire. “Ça m’est arrivé de m’endormir dans le cockpit et de faire des micro-siestes de 10 minutes car je n’arrivais plus à lutter” a confié un ancien pilote de Ryanair lors d’une interview au Figaro. Il y décrit des journées “à la limite de la légalité”, avec 13 heures de service et des équipages qui enchaînent jusqu’à six vols quotidiens. Justement, les hôtesses et stewards subissent des pressions jusqu’à en faire pleurer plus d’un sur leurs résultats de ventes de produits à bord, toujours selon Le Figaro. Si les statistiques des boissons ou collations sont étroitement surveillées, il en est de même pour la consommation de carburant pour les pilotes. Et, pas question de se plaindre chez Ryanair. Le pilote John Goss a été par exemple été licencié en 2013 après avoir mentionné la faible marge de sécurité liée aux restrictions de carburant sur Channel 4. Officiellement, la compagnie a dénoncé des propos diffamatoires.

Et que serait Ryanair sans sa fameuse tendance à appliquer le droit irlandais à tous les personnels navigants ? Les dirigeants payent ainsi moins de taxes et de charges sociales, tout en évitant les surcoûts administratifs. Les pilotes seraient même presque tous employés comme auto-entrepreneurs via des micro sociétés irlandaises les rémunérant à l’heure de vol et pas sur leur temps de travail au sol. Le mouvement social que traverse actuellement Ryanair pourrait changer la donne, et l’obliger à améliorer les conditions de travail de ses pilotes. D’ailleurs, début 2018, la compagnie a, pour la première fois depuis sa création en 1984… reconnu un syndicat de pilotes, peu après avoir augmenté leur salaire de 20%.

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