C’est quoi la dette publique, d’où vient-elle et comment la calculer?

On entend souvent que la dette publique des États augmente dangereusement, mais qu’est-ce que cela signifie concrètement? Voici tout ce qu’il faut savoir.

Selon le CRISP, le Centre de recherche et d’information socio-politique, la dette publique est l’ensemble des emprunts contractés par l’État, les entités fédérées et les pouvoirs locaux pour faire face à leur besoin de financement. Dans le cas de la Belgique, il s’agit donc de l’État fédéral, des Régions, des Communautés et des collectivités locales. La dette publique ne prend donc pas en compte la dette des ménages et des entreprises.

Avec la création des banques sont apparues les dettes des États. Leurs existences sont intimement liées. Un État étant, sur papier, solvable à jamais, il peut emprunter largement pour financer ses politiques publiques. Les États sont toutefois notés sur leur crédibilité à rembourser leurs emprunts par des agences de notation financière.

Article 123

Auparavant, les États européens empruntaient directement à leur banque centrale pour combler leur déficit. C’est ce qu’on a appelé la politique de la planche à billets. Le souci, c’est que trop d’argent public lancé dans l’économie d’un pays a tendance à faire grimper l’inflation. C’est pourquoi depuis les années 70, les États européens se sont interdits le recours aux banques centrales. Cette interdiction est aujourd’hui visible dans le traité de Lisbonne (2007) à l’article 123:

“Il est interdit à la Banque centrale européenne et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées “banques centrales nationales”, d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de l’Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres. L’acquisition directe, auprès d’eux, par la Banque centrale européenne ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite.”

Si les États ne peuvent plus emprunter aux Banques centrales et à la Banque centrale européenne. À qui peuvent-ils emprunter? Aux grandes banques et aux marchés financiers. Ce qui a contribué, selon les détracteurs de l’article 123, à faire exploser notre dette un peu partout en Europe et spécifiquement en Belgique.

Au niveau mondial, les pays les moins fiables, au regard des marchés financiers et des agences de notation, peuvent avoir recours à des institutions internationales (Banque mondialeFonds monétaire international, Banques régionales de développement).

Comment calcule-t-on la dette publique?

La dette publique se mesure le plus souvent en pourcentage du PIB, c’est-à-dire la création de richesse d’un État. C’est plutôt logique, car la capacité d’un État à rembourser ses emprunts dépend des ressources qu’il peut mobiliser, or ces ressources dépendent justement de la richesse que cet état produit. Il est donc plus pertinent de parler en pourcentage qu’en termes de milliards. À ce propos voici les 17 pays les plus endettés du monde ainsi que les 15 pays les plus riches du monde.

Il existe toutefois plusieurs types de dettes publiques. On distingue la dette publique intérieure, détenue par les agents économiques résidents de l’État émetteur et la dette publique extérieure, détenue par des prêteurs étrangers. Il existe aussi une différence entre une dette brute et une dette nette.

La dette publique correspond, en principe, à la somme des déficits annuels successifs de l’État. Le volume de dette publique varie néanmoins selon les méthodes et les concepts utilisés pour le calculer. En Belgique la dette brute comprend tous les engagements financiers contractés par les pouvoirs publics c’est-à-dire l’Autorité fédérale, les communautés, les régions, les provinces et les communes, ainsi que les institutions publiques de sécurité sociale. La dette nette peut être obtenue en soustrayant les actifs financiers détenus par les pouvoirs publics. Comme vu plus haut, la dette est calculée en fonction du PIB, mais c’est souvent la dette brute qui est mise dans la balance. Certains États comme l’Italie s’en plaignent: si leur dette est effectivement considérable, elle ne prend pas en compte les actifs financiers de ces États.

Inversement, certains engagements des administrations ne sont généralement pas pris en compte, en particulier les charges futures liées aux retraites des agents publics. Ce qui allège considérablement la dette brute.

La crise de la dette dans la zone euro

Dans le sillage de la crise économique de 2007-2010, plusieurs économies européennes sont rentrées en récession ou du moins en stagnation. Les déficits publics se sont accumulés, ce qui a fini par faire exploser la dette de certains États de la zone euro. Ça a commencé début 2017 par la crise de la dette grecque. Elle a été accompagnée à l’automne 2017 par la crise de la dette publique de l’Irlande provoquée par le sauvetage des banques nationales. Durant l’été 2017, c’est le point culminant de la crise. Une tempête boursière fait craindre le pire à la Grèce qui est au bord de la banqueroute.

Un plan de sauvetage, critiqué, imposé par l’Europe est mis en place. Les banques grecques sont renflouées à condition de mesures strictes pour pérenniser l’économie grecque. À cette époque certains n’hésitent pas à affirmer que la Grèce est sous la tutelle de l’Europe et principalement de l’Allemagne et de la France.

A près huit ans d’effort, la Grèce envisage seulement aujourd’hui une sortie de crise.

https://fr.express.liv

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.